Accès à l’énergie : la Sierra Leone opte pour l’hydroélectricité

Début décembre 2017, le projet de barrage hydraulique de Bumbuna II est entré dans une phase pratique avec la signature par le gouvernement sierra léonais de plusieurs accords avec Joule Africa. Parmi ces accords, figure l’achat d’énergie pour une durée de 25 ans, a appris Ouestafnews via un communiqué officiel.
 
Selon les termes de l’accord que vient de ratifier le parlement sierra léonais, Joule Africa et son partenaire local vont réaliser une extension qui va permettre d’ajouter 143 MW sur 50 MW actuellement disponibles, grace à l’accomplissement de Bumbuna I.
 
Situé dans le nord-est de la Sierra Leone sur la rivière Seli, Bumbuna II, initié depuis 2012 est considéré comme le plus grand projet énergétique du pays.
 
Joule Africa signale qu’à terme, l’exécution de cette dernière phase du projet va permettre une production d’électricité pendant toute l’année. Joule Africa, basée à Londres, est une compagnie spécialisée dans le développement des énergies renouvelables. Outre la Sierra Leone, elle est active au Nigeria et Cameroun.

Selon le site spécialisé, Ashleyedison.com, la production d’électricité en Sierra Leone est «sporadique » et «confinée dans les villes de Freetown, Makeni, Kenema et Bo». «La capacité de production actuelle du pays tourne autour 100 MW, soit cinq fois moins que la demande réelle », ajoute la même source.

Une manne négligée

Pour ce qui est du sous-secteur de l’hydro-électricité, le continent présente un très fort potentiel mais largement inexploité.
En dépit des multiples projets initiés, seuls 5% du potentiel hydro-électrique sont exploités, indique la Banque africaine de développement (BAD). Et d’après une estimation de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les eaux peuvent fournir 300 GW d’électricité au continent.

D’un coût total de 700 millions de dollars, Bumbuna II va démarrer ses travaux de construction au second semestre 2018. Le chantier va durer deux ans.

Un défi continental

Une étude la BAD relative au diagnostic et à l’évaluation des besoins de renforcement des capacités du secteur de l’énergie » confirme que «l’Afrique a le taux d’électrification le plus bas au monde». 
 
En Afrique, le taux d’accès à l’électricité est de 42%, contre un taux 75% en moyenne dans les pays en développement, selon cette étude.

Cité par Africa Check, le chargé des relations avec les médias de l’AIE, John Custer, souligne que, d’après les  études menées par son organisation,  l’Afrique subsaharienne a plus de personnes vivant sans accès à l’électricité que n’importe quelle autre région du monde.

«C’est aussi la seule région (Afrique subsaharienne) au monde où le nombre de personnes vivant sans électricité augmente, car la croissance rapide de la population dépasse les nombreux efforts des Etats pour faciliter l’accès », a-t-il précisé.
MN/ad