Accident avion en RDC: 37 morts, la présidence demande enquête


Par AFP

Le précédent bilan faisait état de 21 morts et d’au moins 70 blessés essentiellement des habitants du quartier populaire et commerçant de Birere où l’avion, un DC 9, s’est écrasé au décollage. Affrété par Hewa Bora, l’avion effectuait la laision Goma-Kinshasa. Les causes de l’accident n’étaient pas encore connues mercredi matin.

Pour sa part, la Mission de l’ONU en RDC (Monuc) avait annoncé que "sept survivants" avaient été identifiés parmi les passagers.

Le chef de l’Etat, Joseph Kabila, en route pour les Etats-Unis, a demandé au gouvernement de "diligenter une enquête" dans les plus brefs délais pour déterminer les circonstances de l’accident, selon un communiqué de la présidence de la République démocratique du Congo (RDC).

De son côté, le gouvernement a annoncé la mise sur pied d’"une cellule de crise" composée notamment des ministres des Transports, de la Santé et des Affaires sociales.

"Il y avait au total 85 personnes à bord: 79 passagers et 6 membres d’équipage. L’équipage va bien. Nous essayons de contacter tous les passagers. Jusqu’à présent, nous avons pu joindre 53 personnes, qui vont bien", avait déclaré mardi le président de la compagnie aérienne Stavros Papaioannou.

"Nous savons qu’il y avait à bord sept expatriés, dont quatre Américains (et trois autres dont les nationalités ne sont pas connues), dont aucun n’a été tué", avait-il ajouté.

"Nous n’excluons pas qu’il y ait eu des morts parmi les passagers, mais l’équipage nous a dit avoir procédé à une évacuation. L’avion s’est cassé en deux. Cela a permis a beaucoup de gens de sortir", avait-il encore précisé.

L’avion, un DC-9 affrété par Hewa Bora qui effectuait la liaison Goma-Kinshasa, s’est écrasé après 14h30 locales (12h30 GMT), peu après son décollage de la capitale du Nord-Kivu.

A l’hôpital général de Goma, un rescapé a expliqué à l’AFP que l’avion, en pleine vitesse, avait "continué sa course dans Birere".

"Il y a eu du feu, venu de l’aile gauche. C’était la panique dans l’avion. J’ai couru vers l’avant. Des membres de l’équipage ont ouvert une porte, j’ai sauté. Je suis tombé au sol et j’ai vu l’avion continuer à avancer, puis s’emflammer", a raconté Désiré Buhendwa, un informaticien congolais de 36 ans, sous le choc mais presque indemne.

Les causes de l’accident n’étaient pas encore connues mardi soir, mais selon le patron d’Hewa Bora, "l’équipage a entendu une explosion à l’arrière de l’avion" alors que l’appareil avait atteint une vitesse de près de "100 noeuds". "Il devait atteindre les 126 noeuds pour décoller. Le pilote a freiné, mais la piste était mouillée, l’avion a dérapé et il (le pilote) a perdu le contrôle".

Selon des sources aéroportuaires, se basant aussi sur des déclarations de l’équipage, l’avion aurait eu un problème de moteur après être passé sur une flaque d’eau et le pilote aurait tenté de poursuivre sa route avant de décider de freiner – et de perdre tout contrôle de l’appareil.

Le drame est survenu moins de six mois après un accident d’avion survenu à Kinshasa, où un Antonov 26 d’une compagnie privée congolaise s’était écrasé le 4 octobre 2007 dans un quartier populaire de la capitale, faisant au moins 50 morts.

Toutes les compagnies aériennes congolaises – une cinquantaine identifiées – figurent sur la liste noire de l’Union européenne, qui leur a interdit son espace aérien.