Acteurs dans et autour des mines : Des investisseurs étrangers et de privés

Avec 10 % d’actions gratuites pour chaque convention paraphée, l’Etat du Sénégal négocie et délivre les titres miniers. Tout en ayant l’obligation de veiller aux respects des dispositions législatives et réglementaires, il a aussi le pouvoir de retirer les permis d’ exploitation. A côté de l’ Etat, le secteur privé sénégalais s’ active aussi dans le milieu. En effet, dans le Code minier, il est prévu que toutes les sociétés ou toute personne est libre de faire une demande de recherches pour l’or. Encore faudrait-il trouver les capacités techniques et financières pour aller jusqu’au bout.
A ce sujet, le directeur des Mines et de la Géologie, Moussa Sylla, renseigne que «le privé sénégalais a toujours été la bienvenue dans le secteur minier. Certains d’entre eux ont un permis de recherche. Et quelques-uns parmi eux ont pu aller jusqu’à lister leurs sociétés dans les places boursières, ce qui constitue un véritable défi». Un consortium détenteurs de permis sénégalais a pu, sous le label Bassari Gold, faire lister son groupement à la Bourse d’Australie, ce qui lui permet de pouvoir prétendre à des ressources pour le financement de ses activités. Ainsi, le privé sénégalais a sa place dans la course à la recherche d’or, mais aussi dans les investissements miniers. Une place bien prévue par le Code minier sénégalais, ce qui est «une première dans les dispositions en Afrique».
Actuellement, on dénombre sur le terrain cinq compagnies sénégalaises dans le domaine de l’exploration industrielle. Il s’agit de Rokamco, Watic, Nafpec, Sen Gold et Sored Mines.
L’exploration d’une mine engendre toute une série de mesures, génère plusieurs emplois. Car, en sus de l’emploi direct concernant ceux qui travaillent dans l’exploration, d’autres se créent autour de cette exploitation. Des négoces se créent autour de ce millier de personnes qui logent dans un camp minier et qui doit se nourrir, s’habiller, vivre tout court. «Ce sont des centaines de Pme qui font de la fourniture, des services, la fourniture de biens d’équipements, voire l’entretien même de l’équipement. C’est autant d’acteurs qui ne font leurs chiffres d’affaires qu’avec la mine», explique M. Sylla. Le secteur privé sénégalais, conscient des enjeux du développement minier, est loin de se limiter à la seule activité minière «dans la mesure où des opérateurs économiques et prestations de services vont se délocaliser dans Kédougou, même pour pouvoir faire leurs prestations correctement compte tenu de la distance». Cela veut dire que sur le plan démographique, c’est une localité qui est dans sa phase de régionalisation et qui, par conséquent, va voir son poids économique démultiplié. En plus des compagnies sénégalaises, il y a les grands groupes industriels au nombre de cinq, aussi. La Sud-africaine Rand Gold, Axmin et Mdl, deux sociétés australiennes, dont la dernière a investi 70 milliards depuis la signature de la convention. D’ailleurs, elle est à l’origine de l’ouverture prochaine d’une mine industrielle à Sabodala. Il y a aussi Agm, une société canadienne.
Du côté des villageois, le chef de village Sara Cissokho reste, pour l’instant, attentiste, même s’il «était à Dakar pour la signature des conventions». Dans ses explications, il tempère les ardeurs en précisant qu’il ne faut pas se tromper, car «depuis l’arrivée des sociétés, ils ne font que de l’exploration. Et ce, depuis 5 ans. Il faut attendre l’exploitation pour vivre des retombées. Mais, si on arrive à l’exploitation et que toutes ces sociétés ne respectent pas leur parole, je vais écrire pour dénoncer». L’attente ne va pas durer trop longtemps, puisque d’ici à fin de l’année 2008, comme prévu, le premier lingot d’or va sortir de l’usine de la société minière Mdl. A ce moment, il n’y aura plus aucune excuse pour remettre à plus tard l’implication des Collectivités locales, notamment dans l’application du fonds social qui va entrer en vigueur avec l’exploitation.