Affaire Deyda Hydara : la cour de la Cedeao désavoue le régime gambien

Ouestafnews – La Cour de justice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) a indiqué que le gouvernement gambien n’a pas mené une « enquête appropriée » pour faire la lumière sur l’assassinat du journaliste, Deyda Hydara, survenue dix ans auparavant.

Les autorités gambiennes n’ont pas fourni « les résultats des tests balistiques effectués sur les balles et les armes, saisis sur les suspects», indique le délibéré des juges, publié le 10 juin 2014, et relayé par la branche ouest africaine du Comité de protection des journalistes (CPJ, basé à New York) ainsi que la Fédération internationale des journalistes (FIJ).

Co-fondateur du quotidien privé « The Point », Deyda Hydara a été assassiné par balles par des individus non identifiés, le 16 décembre 2004. Pour beaucoup d’observateurs ce journaliste courageux, a été abattu pour son attitude critique vis-à-vis du régime autocratique de Yayha Jammeh dont il n’hésitait pas à dénoncer les exactions.

Face aux lenteurs des autorités gambiennes à mener une investigation digne de ce nom, la Cour a décidé à condamner l’Etat gambien à verser à la famille la somme de 50.000 dollars US en guise de compensation, et 10.000 dollars US pour les frais d’avocats.

L’affaire Deyda Hydara a été portée devant la juridiction régionale en 2008 par la famille de la victime, accompagnée par la section Afrique de la FIJ.

« La décision de la Cour est un pas important, une avancée pour l’existence de l’état de droit et de la liberté d’expression en Afrique de l’ouest », s’est félicité Chidi Odinkalu, chef du programme « Justice initiative in Africa » au sein de l’ONG, Open Society.

La Cour confirme qu’il y a bel et bien un « climat de persécution des journalistes et de ruine de la liberté d’expression en Gambie », a-t-il poursuivi, cité par le site de son organisation.

« Fondamentalement il ne s’agit pas là d’une victoire pour mon père et la famille, mais celle du peuple et de tous les journalistes en quête d’une société libre », a déclaré pour sa part Deyda Hydara Jr, âgé de 14 ans lors de l’assassinat de son père.