Affaire El Béchir: Yayha Jammeh critique la Cour Pénale Internationale, dénonce les abus en Irak

La requête a été formulée par Luis Moreno-Ocampo, qui accuse le chef d’Etat soudanais de « crime de guerre, crimes contre l’humanité et de génocide » au Darfour, la partie occidentale du Soudan.
”Peut-être que Robert Mugabe sera le prochain sur la liste”, a ironisé le président gambien qui s’est toutefois défendu d’être l’avocat de ”ceux qui oppriment leur peuple”.
Yahya Jammeh s’exprimait à Banjul lors du 14e anniversaire de son accession au pouvoir advenu à la suite d’un coup d’Etat militaire le 22 juillet 1994.
”Si on parle de génocide, ce qui se passe en Irak est un génocide. Les puits de pétrole sont mieux sécurisés que les populations”, a dit M. Jammeh dans un discours à la nation prononcé au cours de la manifestation célébrée en grande pompe.
”Ceux qui ont envahi l’Irak sont des criminels de guerre. Ils ont tué des populations innocentes aux yeux de la communauté internationale”, a indiqué le président gambien, avant d’ajouter : ”alors qu’on leur avait promis la démocratie, 7 millions d’Irakiens sont sans abri”.
Yahya Jammeh a en outre fait état des cas de torture, notamment à la prison d’Abou Graib. Selon lui, les véritables « criminels circulent sans être inquiétés ».
Il s’est en outre demandé pourquoi les tenants du régime raciste d’Apartheid en Afrique du Sud ne sont pas inquiétés par la CPI.
”Quelle serait la réaction de l’Occident, si les Noirs se mettaient à tuer les Blancs en Afrique du Sud”, s’est interrogé le président gambien, dénonçant l’indignation sélective de la communauté internationale.
Avant Yahya Jammeh, plusieurs voix africaines, y compris à l’Union Africaine, se sont élevées contre la requête du procureur de la CPI, toutes dénonçant le « deux poids, deux mesures » de la justice internationale qui semble ne s’acharner que sur les dirigeants africains.