Afrique de l’Ouest : revoilà la fièvre Lassa !

Afrique de l’Ouest : revoilà la fièvre Lassa !

Ouestafnews – Au moins «77 cas de fièvre Lassa » ont été confirmés et «21 décès» enregistrés au Nigeria, selon le Centre national nigérian de surveillance des maladies (NCDC).

La fièvre de Lassa est une maladie hémorragique virale d’une durée d’une à quatre semaines qui sévit en Afrique occidentale, indique l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Elle tire son nom d’une localité, Lassa  dans le nord du Nigeria où elle a été identifiée pour la première fois en 1969.

«Depuis le début de l’année 2018, au moins 77 cas de fièvre de Lassa ont été confirmés et 21 décès ont été enregistrés», a annoncé le Centre national de surveillance des maladies (NCDC) nigérian sur son compte Twitter.

Le NCDC assure toutefois que «la situation est sous contrôle». La transmission du virus à l’homme se fait généralement par « le contact direct avec le sang, l’urine, les excréments ou autres sécrétions organiques d’une personne contaminée », précise l’OMS.

Dans le cadre des activités de prévention, le NCDC a annoncé le 31 janvier 2018 avoir procédé à la distribution « des médicaments, des équipements de protection individuelle (EPI) et d’autres consommables aux Etats affectés pour la gestion des cas confirmés ».

Il a également annoncé la mise en activité du Centre national des opérations d’urgence contre la fièvre Lassa (LF-EOC) pour éradiquer cette épidémie.

Et selon l’Institut Pasteur, « il n’existe à ce jour aucun vaccin contre ce virus qui représente non seulement un problème de santé publique, mais qui de plus fait partie des agents potentiellement utilisables pour le bioterrorisme».

En 2016, les autorités sanitaires nigérianes ont enregistré 49 cas suspects de cette fièvre dans le Sud-est du pays.  Et en 2015, près de 200 cas ont été signalés sur l’ensemble du territoire, avec au total d’au moins 100 décès, rappelle le NCDC.

Ailleurs en Afrique de l’Ouest…  

Le virus Lassa infecte, selon l’Institut Pasteur, «100 à 300 000 personnes par an en Afrique de l’Ouest dont 5 à 6000 en succombent».

Au Bénin, le premier cas suspect de fièvre hémorragique à virus Lassa  a été enregistré le 8 janvier 2018, a déclaré le ministre béninois de la Santé, Alassane Seidou.  «Nous sommes en épidémie de Lassa», a affirmé, le 16 janvier, le chef de service santé publique de l’Atacora,  Dr Salifou Sourakatou, cité par BeninwebTv.

Un communiqué du conseil des ministres du 24 janvier 2018 mentionne que les services techniques du ministère béninois de la Santé ont « dénombré respectivement sept cas dont quatre décès, et trois cas » suspects dans les départements de l’Atacora et du Borgou.

Face à cette situation, ajoute le document, des dispositions ont été déjà prises par le ministère de la Santé, « pour la prise en charge des malades et le suivi des personnes ayant été en contact avec eux en vue d’enrayer la propagation ».

«Il y a eu également la mise aux normes de la salle d’isolement des cas à l’hôpital, la réquisition d’une équipe de soin et l’activation des comités de gestion des épidémies et d’interventions rapides», a rassuré la Direction départementale de la santé (DDS), citée par la même source.

Le 25 mai 2016, les autorités béninoises avaient officiellement déclaré la fin de l’épidémie de fièvre à virus Lassa. Le premier cas avait été découvert en janvier 2016. Il avait sévi du 3 janvier  au 10 janvier 2016 et avait enregistré 54 cas de malades dont 28 décès.

Cette annonce avait été faite « 42 jours après la détection du dernier cas de fièvre de Lassa dans ce pays », rappelle l’OMS.
En avril 2017, la fièvre Lassa a également touché le Liberia, dans la conté de Sinoe, note l’OMS.

Le ministère de la Santé a enregistré le 4 mai 2017 «28 cas au total avec 12 décès (taux de létalité de 43%)», souligne le bulletin d’informations sur les flambées endémiques de l’OMS.

De même, le Togo et le Burkina Faso ont enregistré des cas de fièvre Lassa en février 2017. Le ministère de la Santé du Burkina Faso a confirmé un cas de fièvre de Lassa dans un hôpital du Nord du Togo.

La prévention de la fièvre Lassa repose, d’après l’OMS, sur la promotion d’une «bonne hygiène communautaire» pour empêcher les rongeurs de pénétrer dans les habitations.

Pour l’OMS, avec les déplacements importants et constants de populations entre le Nigeria, le Togo, le Burkina Faso, le Niger et le Bénin, «on s’attendait à la survenue de cas sporadiques de fièvre de Lassa en Afrique de l’Ouest et il pourrait s’en produire de nouveaux dans la région».

ON/mn/ad