Afrique de l’ouest : La bioénergie peut devenir ”le moteur de la croissance”, selon un rapport

”La transformation de la biomasse en bioénergie sous une forme liquide (carburant) ou solide doit être encouragée sous certaines conditions dans les huit pays africains membres de l’UEMOA (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo)”, a indiqué le rapport cité par le site officiel du gouvernement togolais.
Les services de communication de la Fondation des Nations Unies ont confirmé à Ouestafnews l’existence du rapport.
"Les pays membres de l’UEMOA possèdent les ressources naturelles, la surface disponible et la demande pour réussir à développer la bioénergie comme élément d’une stratégie agricole et forestière plus large", affirment les auteurs du rapport cités par les mêmes sources.
Alors que les pays de l’UEMOA "font face à une crise dans les trois produits clefs – nourriture, bois et carburant (…) – l’expérience passée, l’innovation et les nouvelles pratiques de la bioénergie offrent une option pour les communautés rurales pauvres", souligne le document.
Selon la Fondation des Nations unies, la gazéification de la biomasse à petite échelle, la production de bioéthanol à partir de la canne à sucre, la diffusion à grande échelle de nouveaux réchauds à usage domestique utilisant des combustibles propres tirés des biomasses, ainsi que le développement de la culture "prometteuse" du sorgho sont autant de pistes à développer.
Le rapport cite aussi l’adaptation des moteurs au biodiesel ou encore l’utilisation des graines oléagineuses "qui n’entrent pas en compétition avec la production de nourriture ou l’utilisation des terres" pour faire de l’électricité à petite échelle.
Le rapport demande aux huit pays de mettre au point une stratégie en ce sens, estimant que "la bioénergie produite et consommée localement peut devenir un facteur clé dans le combat contre la pauvreté rurale".
Mais, avertit la Fondation des nations unies, "les bons cadres d’action doivent se consacrer sur l’impact du développement de la bioénergie sur la sécurité alimentaire, la préservation de l’environnement et des écosystèmes et l’intégrité et la viabilité du système de production agricole".
Un plan d’action pour la bioénergie pour la période 2009-2011 a été développé pour l’UEMOA. "La collaboration internationale sera essentielle pour (sa) mise en œuvre", conclut le rapport.
Toutefois, la promotion des bioenergies ne fait pas l’unanimité au niveau des experts, puisque certains parmi eux estiment qu’elles pourraient causer de graves crises alimentaires dans les pays africains, si au lieu de s’adonner à la culture des cérélales et d’autres produits vivriers, les paysans africains se tournaient vers les plantes productrices de bioenergie.
En 2008, au plus fort de la crise alimentaire mondiale ayant sérieusement secoué l’Afrique, certaines ONG n’avaient pas hésité à faire le lien entre le développement de la bio-énergie et le déficit de céréales sur les marchés mondiaux.