Afrique-Occident : Nana Akufo-Addo, l’homme qui refuse le misérabilisme

Refusant tout misérabilisme, c’est sur un ton hautement optimiste que le chef de l’Etat ghanéen s’exprime lors des rendez-vous internationaux. Dernier épisode en date, la Conférence mondiale sur le financement de l’éducation tenue du 1 au 02 février 2018 à Dakar.
 
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«L’Afrique ne peut pas dépendre des autres pour financer son éducation, alors que toute les possibilités d’y parvenir sont là», a déclaré le président ghanéen sous le regard de la dizaine de ses homologues qui ont fait le déplacement.
 
Cette rencontre a été co-présidée par le président Macky Sall et son homologue français, Emmanuel Macron. Ce dernier avait déjà eu un avant-goût de la grande franchise de son homologue ghanéen, lors de sa visite officielle à Accra fin 2017.
 
Au total une dizaine de chefs d’Etat ont pris part à cette conférence considérée comme un «succès éclatant» par beaucoup de participants au regard des 2,5 milliards de dollars promis par les pays occidentaux pour davantage financer l’éducation en Afrique et dans le monde.
 
En ce qui concerne les moyens dont les Africains disposent pour assurer le financement de leur propre secteur éducatif, le président Akufo-Addo donne l’exemple des fonds qui sortent illicitement du continent.
 
«Avez-vous imaginé ce que nous pouvions faire avec tout cet argent, si nous n’étions pas complices de cette fraude ?», s’est-il interrogé, rappelant au passage les statistiques de la Commission Thabo Mbeki qui fixe le manque-à-gagner de cette fraude à 50 milliards de dollars par an.
 
Comme pour donner raison au président ghanéen, le Partenariat mondial pour l’éducation (PME), structure organisatrice de la rencontre, dans son communiqué final consulté par Ouestafnews, a indiqué que « la plus importante source de financement de l’éducation demeure les pays en développement eux-mêmes ».
 
«Plus de 50 pays en développement ont ainsi annoncé qu’ils augmenteraient leurs dépenses publiques consacrées à l’éducation pour la période 2018 – 2020 pour atteindre un montant total de 110 milliards de dollars, comparé à 80 milliards de dollars entre 2015 et 2017 », s’est aussi félicité le PME.
 
 

Définir une voie africaine
 
Pour le chef d’état ghanéen, partisan d’une « solution africaine aux problèmes africains », il faut faire en sorte que les «énormes potentialités» du continent profitent d’abord à ses fils.
 
«Une fois que ce sera fait, alors nous pouvons venir à Dakar et parler d’éducation et non le financement de notre éducation par les autres. Nous parlerons alors des changements à apporter dans les programmes, de la qualité et aussi de la priorité à accorder à notre histoire et à notre sociologie», estime le chef de l’Etat ghanéen.
 
Ce discours de Dakar est en droite ligne de celui prononcé début décembre 2017 à Accra, lors d’une conférence de presse conjointe avec Emmanuel Macron. 
 
A cette occasion, les mots sans équivoque du président Akufo-Addo avaient eu un effet viral dans les réseaux sociaux et beaucoup d’internautes avaient salué un discours «mémorable».
 
Quoiqu’il en soit, la substance et la tonalité sont restées intactes. Pour le successeur de John Dramani Mahama, l’Afrique doit avant tout être « autonome » afin de faire face aux défis du 21è siècle.
 
«On ne peut pas continuer à faire des politiques pour nous, dans nos pays, dans nos régions, sur notre continent sur la base du soutien que le monde occidental, la France ou l’UE voudrait bien nous donner. Ça ne va pas marcher, ça n’a pas marché hier et ça ne marchera pas demain», soulignait-il en décembre 2017 à Accra, devant un Emmanuel Macron qui dissimulait mal sa nervosité.
 
Né en 1944, Nana Dankwa Akufo-Addo est une figure emblématique de la vie politique ghanéenne. Ces quatre décennies de carrière politique ont été couronnées par son élection à la tête du Ghana, le 9 décembre 2016.
 
MN/ad