Agriculture : les consommateurs oubliés, selon un expert

« Généralement on ne tient pas compte de la demande au niveau de l’exploitation et au niveau de la consommation urbaine, semi urbaine ou rurale, on ne tient pas compte de ce que les consommateurs veulent », affirmé M. coulibaly devant des journalistes réunis à Cotonou.

Les gouvernements commettent une « erreur fondamentale » en privilégiant la demande (extérieure) au détriment des besoins spécifiques des consommateurs, et par voie de conséquence les produits périssent le temps de trouver le marché approprié.

« Il faut d’abord voir de quoi les gens ont besoin et en fonction de cela voir la chaine de valeurs et remonter à la production, là l’offre et la demande se croiseraient », a-t-il expliqué

Une telle stratégie aura l’avantage d’être non seulement un moyen de créer « de la valeur ajoutée mais aussi d’augmenter (la) compétitivité parce qu’on aurait produit quelque chose qui serait demandée par le marché », a-t-il ajouté.

L’idéal serait de concevoir des « politiques basées sur les caractéristiques , les potentialités et les opportunités de production et de marché avant de se lancer dans de grands programmes », a défendu l’expert.

De telles remarques ont été formulées par d’autres experts au Sénégal suite aux résultats peu satisfaisants de plusieurs programmes agricoles qui ont couté plusieurs dizaine de milliards de FCFA dont le « plan Maïs » et surtout la Grande offensive pour la nourriture et l’abondance (Goana), concocté en réponse à la crise alimentaire de 2008.

En en croire Ousmane Coulibaly, la notion de « filière » est dépassée dans le discours sur le développement, et on parle désormais de chaine de valeurs, autrement dit un « processus intégré » qui met en évidence le mouvement et la traçabilité des produits qui vont des producteurs aux consommateurs.

Au niveau des chercheurs, bien que M. Coulibaly les classent dans la catégorie des acteurs « extérieurs » à la chaine de valeurs, la prise en compte des besoins des consommateurs devrait jouer un rôle tout aussi important dans leur travail.

L’IITA est un institut de recherche panafricain dont le siège est basé à Ibadan au Nigéria, son rôle est d’augmenter la productivité et la rentabilité des petites exploitations agricoles », selon M. Coulibaly.