APE : l’Afrique de l’Ouest veut des accords « équitables » et « en bloc », selon deux chefs d’Etats


PAR OUESTAFNEWS

Les deux chefs d’Etats, qui répondait à une question d’un journaliste d’Ouestafnews prenaient part à une conférence de presse conjointe marquant la fin du troisième « Forum sur le partenariat avec l’Afrique organisé par le président allemand Horst Köhler, à Ebarbach, dans l’Ouest de l’Allemagne, non loin de la ville de Francfort, aux confluents du Rhin et du Main.
« Les discussions continuent », a affirmé le président béninois ajoutant qu’il n’a pas « souvenance » qu’une décision définitive ait déjà été prise.
Les négociations entre l’UE et la plupart des pays africains, supposées être conclues le 31 décembre « au plus tard » butent sur des questions considérées comme vitales pour l’Afrique, dont notamment celles de la baisse des taxes douanières et l’ouverture totale des marchés africains aux produits de l’Europe.
« Nous tenons beaucoup à poursuivre le partenariat avec l’Europe », a souligné Yayi Boni, mais a-t-il ajouté, il est impératif que les APE intègrent la « dimension du développement » dans les négociations en cours et que tout accord se fasse « sur une base équitable ».
Le président du Nigeria, Umaru Yar’Adua a quant à lui rappelé que l’Afrique de l’Ouest est déterminée à «prendre ses décisions en bloc », au sein de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
« Nous avons une position commune, et si un quelconque accord doit être signé, cela se fera en bloc », a expliqué le président nigérian.
Le 5 octobre dernier, les ministres ouest africains des 15 pays membres de la CEDEAO en charge des négociations avec l’Union européenne avaient dégagé une position commune disant qu’il est impossible pour leurs Etats de signer les APE tels qu’ils se présentaient à l’époque.
Des sources informées ont confié à Ouestafnews à Bruxelles (où se trouve le siège de l’Union européenne) que l’U.E a envisagé un moment la signature d’accords avec les pays de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA, huit pays essentiellement francophones en dehors de la Guinée Bissau lusophone).
Yar’Adua a exclu toute idée de scission sur les APE dans le bloc sous-régional dont son pays abrite le siège.
« Je ne pense pas qu’un pays, aussi petit soit-il va signer quoi que ce soit en dehors du cadre de la CEDEAO », a défendu le président Yar’Adua dont le pays avec ses 140 millions d’habitants et son poids économique fait figure de géant dans la sous région.
« Il faut que nous accordions nos violons » a renchéri le président allemand initiateur du Forum et pour qui il est impensable que « l’UE essaie de semer la zizanie » en Afrique.
Köhler, dont les partisans disent qu’il s’est trouvé une « nouvelle vocation dans la défense de causes africaines », a par ailleurs souligné que le partenariat entre l’Europe et l’Afrique est nécessaire, puisque l’heure des « actions unilatérales sont révolues », citant notamment des questions telles que la sécurité, les migrations, le terrorisme qui sont des défis qui nous « interpellent tous ».

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