Après Bill Richardson, Alice Walker : des poids lourds derrière Barack Obama

Dans une lettre ouverte publiée le 27 mars, l’écrivain noire américaine de renom et militante féministe Alice Walker a apporté son soutien au candidat dont le père est d’origine Kenyan et qui le 18 mars dernier a servi à l’Amérique un discours jugé majeur à l’unanimité sur la question de la race et de la religion aux Etats unis.
Alice Walker, a remporté le prestigieux Prix Pulitzer en 1983 pour son livre « la couleur pourpre ». C’est l’une des grandes figures du féminisme et de la lutte pour les droits civiques aux USA.
Avant Alice Walker, c’est le sénateur Bill Richardson, ancien représentant des Etats-Unis aux Nations Unies qui a apporté son soutien à Barack Obama, qui devance de peu Hilary dans la course à l’investiture.
Bill Richardson est l’actuel gouverneur du Nouveau Mexique et on le dit très influent auprès de la communauté hispanique américaine, qui au début de la course était plutôt favorable à Hilary. Richardson était lui-même candidat à l’investiture avant de rallier le camp Obama, il y a quelques jours.
« C’est dur d’expliquer ce que l’on ressent à voir Mme Clinton (…) simplement désignée comme ‘une femme’ alors que Barack Obama est toujours désigné sous l’appellation ‘un homme noir’ », explique Alice Walker dans un texte plein d’émotion avant de poursuivre « c’est comme si elle n’était qu’une femme, n’importe quelle femme, sans couleur, sans appartenance raciale, sans passé. Mais elle ne l’est pas ».
Pour lui ce refus d’attribuer un qualificatif à l’épouse du président Clinton en fait une personne innocente et au passé vierge, ce qu’elle réfute catégoriquement.
Or dit-elle Obama est le candidat de « la vérité » et du changement par lequel le USA peuvent compter se réhabiliter à la face du monde et réhabiliter leur propre histoire.
Dans son texte, l’écrivain retrace sa propre enfance malheureuse qui fut celle de milliers d’enfants noirs dans les années quarante et relate la longue histoire de la ségrégation et des inégalités, de l’exclusion et de la marginalisation ainsi que des préjugés raciaux, avant les combats libérateurs du peuple noir aux Etats-Unis.
Sur un plan moins subjectif, elle affirme soutenir Obama pour ses positions en matière de politique étrangère, notamment son attitude vis-à-vis de Cuba où il se dit prêt à ouvrir des négociations ou encore sur la situation en Irak où il est pour la fin de la guerre et un retour immédiat des soldats américains dans leur pays.