Banques : les réformes de la BCEAO facturées aux clients

Banques : les réformes de la BCEAO facturées aux clients
Les associations de consommateurs n’ont pas encore réagi à cette décision, mais les milieux financiers approchés par Ouestafnews s’interrogent déjà sur le bien fondé de la mesure.
Regroupées au sein de l’Association sénégalaise des professionnels de Banque et établissements financiers (APBEF), ces banques annoncent par un communiqué laconique que la BCEAO les a informées de l’entrée en vigueur depuis le 1er juillet 2006 de « la facturation des opérations pour un montant unitaire de 170 FCFA », dans le cadre du SICA.
En conséquence, dit le communiqué transmis aux médias, l’APBEF sera contrainte de « répercuter ce coût unitaire pour toute valeur déposée en compensation ».
Au niveau de la BCEAO, on n’a pas encore « officiellement » réagi à cette affaire. Toutefois des sources à l’intérieur de la Banque des banques croient savoir que cela ne devrait pas tarder.
Ouestafenws a tenté de joindre l’APBEF pour davantage d’éclaircissements sur son communiqué, sans succès.
Toutefois dans les milieux financiers certains se disent « scandalisés » par la démarche de l’APBEF, pour plusieurs raisons, dont la première est le « délit d’entente » qui ne saurait prospérer dans un système économique libéral.
« On ne comprend pas le communiqué de l’APBEF et il n’a pas de sens », a affirmé à Ouetsafnews sous couvert de l’anonymat une source proche de la BCEAO qui estime que c’est une décision qui ne se justifie aucunement.
« C’est comme si la SENELEC hausse le prix de l’électricité et que la Banque décide de répercuter cette hausse sur le client », explique la même source qui précise que la BCEAO a adoptée le SICA-UEMOA dans plusieurs pays avant qu’il n’entre en vigueur au Sénégal.
Dans ces pays « il ne s’est rien passé ».
En réalité, Le SICA devrait induire « des gains de productivité » et ne pourrait justifier des taxes supplémentaires, selon les milieux financiers.
A ce titre son entrée en vigueur devrait, selon des informations officielles fournies par la BCEAO, permettre la réduction des plusieurs "délais" dans les transactions bancaires « avec comme corollaires une réduction de la tarification appliquée par les banques ».