Blanchiment d’argent : plus de 550 millions FCFA saisis au Togo, un Libanais expulsé

Les faits remontent au mois de janvier 2009 lorsque M. Chmeisani Toufic Ahmad a été appréhendé à l’aéroport international Gnassingbé Eyadema de Lomé en possession des sommes en liquide, rapporte le site officiel du gouvernement togolais qui cite l’hebdomadaire l’Union.
« Interrogé sur place, Chmeisani Ahmad fait comprendre que cette somme est une collecte de plusieurs de ses compatriotes libanais revendeurs de véhicules d’occasion au Togo qu’il est chargé de convoyer sur Beyrouth, la capitale libanaise », affirment les mêmes sources.
Au sein de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA), il est interdit de voyager avec des montants en liquide excédant 5000 dollars US (soit environ 2,5 millions FCFA, selon les taux actuels) .
Sur décision du gouvernement, le Libanais a été expulsé et des instructions fermes données pour que l’agrément de sa société ainsi que son titre de séjour lui soient « retirés ».
A Lomé, alors que les questions sur les destinataires véritables des sommes d’argent saisies restent sans réponse, les suspicions vont dans le sens d’un financement des activités du Hezbollah, le parti pro-islamiste libanais ou alors des opérations d’évasion fiscale.
La circulation d’argent sale est devenue une sérieuse gangrène en Afrique de l’ouest, où la corruption et l’implication parfois des plus hautes autorités des Etats rendent difficile le combat contre le blanchiment.
Pourtant, depuis 1999 les pays membres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont mis en place le Groupe intergouvernemental de lutte contre le blanchiment d’argent (GIABA), pour freiner le phénomène, mais celui-ci ne cesse de prendre de l’ampleur.
Depuis un peu plus deux ans, est venue s’y greffer l’intensification des réseaux de trafics de drogue, marquée par l’arrivée massive des grands cartels des barons latino-américains, qui sont une autre source d’argent sale que les bénéficiaires essaient aussi d’injecter dans l’économie régulière.