Boubacar Boris Diop plaide l’indépendance, dénonce les pillages d’Areva et de Elf

« Un soulèvement populaire que l’on voit arriver de face et l’idée que les peuples font la queue pour attendre leur tour de révolution me parait assez bizarre », a-t-il affirmé dans un entretien accordé au site d’information Continentpremier. Selon l’écrivain sénégalais dit ne pas entrevoir une propagation de l a révolte actuelle des peuples arabes vers le sud du continent où « les systèmes politiques sont moins rigides et l’expression plus libre ».

Il y a « certes bien des raisons de se révolter contre la corruption où la misère par exemple, mais notre grand problème, c’est l’absence d’indépendance », a-t-il toutefois insisté. Et « si les jeunes Nigériens où Gabonais descendaient dans la rue ce devrait être aussi pour crier ‘Areva dégage’ ou ‘Elf dégage’ car ces deux multinationales sont parmi celles qui pillent systématiquement leurs ressources nationales », a-t-il ajouté.

Areva et Elf sont deux grandes sociétés françaises présentes respectivement dans le secteur de l’uranium et du pétrole. Très présentes en Afrique francophone,elles sont aussi le symbole de la continuation de la domination de la France sur ses anciennes colonies, notamment par le contrôle de leurs économies.
.
« Le monde étant ce qu’il est , je peux vous dire à l’avance que nos grands amoureux de la démocratie ne vont pas beaucoup apprécier de tels slogans », a encore soutenu, l’auteur de « Murambi : le livre des ossements », l’une œuvres de fiction sur le génocide Rwandais de 1994 et publiée en 2000.