Ces immenses fortunes perdues par l’Afrique dans la ‘world music’, selon Youssou Ndour

Ces immenses fortunes perdues par l'Afrique dans la 'world music', selon Youssou Ndour
Dans l’entretien, la star du mbalax explique les mécanismes par lesquels les musiciens africains (y compris lui-même) et leurs pays d’origine ne gagnent en définitive que des miettes dans les succès mondiaux de ces productions musicales, selon l’interview dont copie est parvenue à Ouestafnews.
"La réalité est que je vais voir une compagnie mondiale appelée Sony qui me fait signer un papier comme quoi j’ai droit à 10 % des revenus, après déduction des charges. Si la compagnie vend 3 millions de disques, disons à 1 dollar l’unité, ça fait 3 millions de dollars. Mais cet argent ne vient pas au pays. C’est un gros manque à gagner pour les économies africaines", dit en substance l’artiste qui gère aussi un groupe de presse au Sénégal ainsi que diverses autres activités.
"C’est comme l’arachide ou la pêche. Il faut transformer nos produits localement pour pouvoir bénéficier, nous-mêmes, des plus-values. C’est valable pour les disques ou les droits d’auteur. Nous devons nous battre pour avoir de grosses compagnies africaines pour que la valeur ajoutée créée reste ici", a défendu Youssou Ndour.
Pour renverser la tendance, l’artiste se dit porteur d’un "projet panafricain" auquel devrait s’ssocier "tous les gens intéressés par le showbiz, les institutions africaines, les banques, les ministères des affaires étrangères… ".
Dans l’interview, l’artiste sénégalais rappelle ses débuts laborieux dans les affaires lorsqu’il rencontrait des difficultés pour avoir "de quoi payer les salaires" de ses employés et son passage du secteur informel au formel.
Selon le musicien, qui affirme avoir "investi des milliards" dans son pays, "Youssou Ndour dans l’économie nationale (sénégalaise), c’est quelque chose comme 350 emplois directs", sans compter les emplois dans son groupe de presse.