Cinquantenaire des indépendances : « nous ne sommes pas libres », dit Tiken Jah Fakoly

« Nous n’avons pas à fêter (le cinquantenaire des indépendances) parce que nous ne sommes pas libres », affirmé le musicien connu pour son franc-parler et ses diatribes contre la « Françafrique », une nébuleuse qui associe diplomatie parallèle, réseaux secrets et milieux d’affaires entre l’ancienne métropole et le continent..

« Les sommets Afrique-France et le choix des présidents africains par les Occidentaux démontrent bien que nous ne sommes pas indépendants économiquement et politiquement » a expliqué l’artiste ivoirien dans un entretien avec le site d’information burkinabé Fasozine.consulté par Ouestafnews.

« Le constat, a-t-il ajouté, est clair, celui qui n’a pas d’attaches au sein du milieu politique français ne peut pas devenir président en Afrique francophone ».

« Il revient à notre génération de nous battre pour obtenir l’original, il est certain que personne ne viendra nous la donner si nous ne faisons rien, » a-t-il poursuivi.

L’engagement de Tiken Jah Fakoly ne se limite pas à la parole et à la musique. L’artiste est aussi célèbre pour ses actions sur le terrain comme l’initiative « un concert, une école » qui a permis d’équiper et de construire des écoles dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest.

Il prévoit d’organiser « une marche de l’Afrique » en France l’année prochaine dans le but d’éclairer les citoyens français, sur la politique que mène en réalité leurs dirigeants sur le continent.

Les (citoyens) français, avance-t-il, ne connaissent pas très bien le continent noir, donc « la vrai politique française » en Afrique leur échappe.

« La marche de l’Afrique va consister à dénoncer cette situation et à expliquer à la population française comment l’Afrique est exploitée », a-t-il expliqué.

«( …) je pense que s’ils (les citoyens Français) s’associent à nous, les choses changeront positivement parce que les dirigeants occidentaux ont peur de l’opinion de leurs peuples » a-t-il conclu.