Consultations politiques au Cap Vert en vue d’une modification de la constitution

Une tentative de rapprochement des points de vue, pour l’instant très « divergents », du Parti africain pour l’indépendance du Cap Vert (PAICV, au pouvoir) et du Mouvement pour la Démocratie (MpD, principale force de l’opposition), se fera à l’occasion d’une réunion de la « Commission ad-hoc chargée de la révision de la Constitution », selon le site web de l’hebdomadaire capverdien « A Semana » consulté par Ouestafnews.
Cité par la même source, le président de ladite commission, Jose Manuel Andrade, affirme que les « discussions sont déjà en cours » entre les deux parties.
Parmi les points que devraient discuter les deux parties avant leur soumission à l’assemblée nationale, figurent notamment la « composition et l’élection des membres du Conseil supérieur de la Magistrature» ou encore l’introduction d’une « langue nationale » capverdienne au titre de « langue officielle » au même titre que le Portugais, une clause sur la fiscalité, l’adhésion du Cap Vert au traité portant création de la Cour pénale internationale, « l’extradition » de ressortissants cap verdiens, etc.
Selon les observateurs, plus que les détails sur les points de divergence entre les deux forces politiques, l’approche capverdienne à la question de la constitution – devenue très sensible en Afrique de l’Ouest – confirme la position de ce petit pays comme modèle de démocratie dans la sous région.
Le Niger par exemple vit en ce moment une période de vive tension en raison d’une tentative du président Mamadou Tandja de faire réviser de manière unilatérale la constitution de son pays afin de prolonger son deuxième et dernier mandat qui arrive en principe à terme à la fin de cette année.
De même au Sénégal, pays considéré jadis comme le « modèle » en Afrique de l’Ouest, plusieurs modifications constitutionnelles ont eu lieu de manière unilatérale ces dernières années.
D’ailleurs dans ce pays, les principaux partis d’opposition et la Coalition au pouvoir ne se parlent plus depuis 2007, suite à la réélection du président Abdoulaye Wade, contestée par ses principaux adversaires.
Le Cap Vert, après avoir connu le « parti unique » sous le règne du PAICV de son indépendance à 1990, a déjà connu deux alternances politiques au sommet de l’Etat depuis l’introduction de la démocratie et la tenue des premières élections multipartites organisées en 1991.