Côte d’Ivoire : cri de cœur des étudiants « désoeuvrés »

« Depuis la fin du mois de mars 2011, l’Université de Cocody est fermée, laissant dans l’oisiveté presque 60 000 étudiants », ont affirmé les étudiants dans une pétition rendue publique ce mardi 27 décembre 2011.

Une situation qui laisse sur le carreau les moins nantis d’entre eux, tandis que « ceux ayant les moyens financiers nécessaires, ont pu s’inscrire dans des universités privées pour continuer leur cursus », déplorent les étudiants ivoiriens.   

La Côte d’Ivoire, a traversé entre novembre 2010 et avril 2011 une crise grave consécutive à un contentieux électoral et qui a occasionné beaucoup de dégâts humains et matériels.

A travers cette fermeture de l’université, rappellent-ils, les autorités devaient « restaurer les locaux et lutter contre les réseaux estudiantins qui se sont avérés préjudiciables à la sécurité et à l’équité au sein de l’université », mais  « les quelques mois de fermeture initialement prévus se sont prolongés et il est annoncé une réouverture, encore incertaine, en octobre 2012 », ont déploré ces étudiants qui vivent sous la hantise d’une année blanche, « préjudiciable » à leur avenir.

A cet effet ils ont demandé au chef de l’Etat Alassane Ouattara, ainsi qu’au ministre de la recherche scientifique d’accélérer les travaux de restauration des bâtiments afin que les cours reprennent, de payer les arriérés de salaires des enseignants pour éviter que la reprise soit paralysée par des grèves et d’enrayer la naissance d’organisation syndicale estudiantine, responsable de la violence au sein du campus.

En Côte d’Ivoire, le milieu estudiantin est au cœur de grands tiraillements politiques, à travers notamment la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci). Ce syndicat étudiant très politisé a souvent dicté sa loi sur les campus abidjanais mais est aujourd’hui mis à l’index par le pouvoir pour son rôle « négatif » durant la crise postélectorale.

L’actuel premier ministre Guillaume Soro comme Charles Blé Goudé, le chef en fuite des « jeunes patriotes » (mouvement de soutien au président déchut Laurent Gbagbo), sont tous deux d’anciens dirigeants de la Fesci.