Côte d’Ivoire : Le président de la Chambre de commerce et d’industrie dénonce la « dégradation du climat des affaires »

« Le Doing Business 2010, classe la Côte d’Ivoire à la 168ème place dans le climat des affaires dans le monde. Or, nous étions 163 ème place en 2009. Nous avons perdu 5 places sur 183 pays », a révélé M. Jean Louis Billon en marge d’une rencontre sur l’économie ivoirienne.

Le « doing business » est un document édité par la Banque mondiale (Bm) chaque année, et qui essaie de déterminer l’environnement des affaires dans ces pays.

Les transporteurs souffrent également de ce climat des affaires et du problème de gouvernance sur les routes depuis des années sans que la situation ne change favorablement.

La même situation prévaut en matière de compétitivité », a expliqué le président de la CCI ivoirienne

« Le World economic Forum de Davos, très connu, classe la Côte d’Ivoire 116ème sur 133 pays avec un recul de 6 places. Puisqu’en 2008-2009, on était 110ème », a affirmé l’homme d’affaires.

Il s’agit là de véritables préoccupations à résoudre en urgence, « si le pays veut continuer à tirer l’économie sous régionale », selon M. Billon pour qui, les hautes autorités du pays doivent travailler de concert avec le secteur privé pour trouver des solutions adéquates.

« Il faut l’aborder au plus haut niveau, à chaque conseil des ministres, et faire le point avec le secteur privé », a-t-il notamment proposé.

« Dans nombre de secteurs ou les professions comme la Police, la Gendarmerie, la Douane, l’administration ivoirienne et le privé où vous avez des personnes de qualité qui sont mêlées à d’autres à la fois incompétentes et malhonnêtes. Cela ternit l’image dans beaucoup de domaines », a commenté M. Jean Louis Billon.

Le président de la Chambre de commerce et d’industrie de Côte d’ivoire a par ailleurs expliqué que cette hostilité du climat des affaires est aggravée par certaines décisions de justice.

« Au niveau de la justice, on réclame depuis longtemps une réforme. Il faut que l’on puisse avoir des tribunaux de commerce avec des magistrats qui ont la compétence de gérer et juger la chose économique. Cela va entraîner une très grande différence », a-t-il souligné.

Pour lui, « tout pays moderne possède un système judiciaire qui répond aux attentes du secteur économique. Nous devons arriver à assainir notre appareil judiciaire. Beaucoup de magistrats sont conscients de ce problème ».

Jadis considéré comme la « locomotive » de l’espace Uemoa (Union économique et monétaire ouest africaine, huit pays) la Côte d’ivoire connaît une crise militaro-politique depuis le 19 septembre 2002. Ce conflit a eu un impact négatif sur l’ensemble de l’économie ivoirienne.