Côte d’Ivoire : Soro s’en va, comme prévu

« Ma qualité de député ne me permet plus d’occuper des fonctions dans le pouvoir exécutif. C’est pourquoi, après réflexion, je décide de rendre ma démission ainsi que celle du gouvernement que je dirige », a affirmé M. Soro qui vient d’être élu au parlement de son pays à l’issue des dernières législatives organisée entre décembre 2011 et février 2012.

Le président Ouattara qui a « pris acte », selon le journal, a adressé ses félicitations à Guillaume Soro pour son rôle dans le rétablissement de la démocratie en Côte d’Ivoire. Les deux hommes s’étaient alliés pour mettre fin au régime du président Laurent Gbagbo à l’issue du second tour de la présidentielle contestée de novembre 2010.

Le départ du premier ministre Soro n’est guère surprenant, ayant déjà été annoncé depuis plusieurs semaines par des sources informées. Le premier ministre lui-même avait sur les ondes de la BBC (service public anglais) affirmé ne pas faire de « fixation » sur le poste de premier ministre et que le moment venu, il quitterait avec sérénité.

L’explication fournie par les observateur qui suivent de près la politique ivoirienne est que le président Alassane Ouattara souhaite désormais nommer un personnage issu du camp de son allié, l’ex-président Henri Konan Bédié. ce dernier, président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) avait soutenu M. Ouattara au second tour de la présidentielle l’ayant opposé à l’ex-président Laurent Gbagbo.

Ex-leader estudiantin, soudainement apparu à la tête d’une rébellion armée qui a divisé la Côte d’Ivoire en deux parties à partir de septembre 2002, Guillaume Soro est depuis, devenu un personnage de poids dans l’arène politique de son pays.

Aujourd’hui âgé d’à peine 40 ans (il est né en mai 1972), il a occupé les fonctions de premier ministre sous l’ex-président Laurent Gbagbo à partir de 2007, suite à la signature de l’Accord politique de Ouagadougou en mars de la même année. Cet accord prévoyait une entrée des Forces nouvelles (FN, ex-rébellion) et de l’opposition dans le gouvernement.