Crise du nucléaire iranien : Wade s’immisce dans le débat

Dans une réflexion parue dans la presse française (Le Figaro) et reprise le 7 septembre dans le quotidien pro-gouvernemental sénégalais Le Soleil, le président Wade, qui s’efforce vaille que vaille à faire entendre la voix de son pays dans les grands débats internationaux, estime que "Les États-Unis et les Nations unies gagneraient sûrement à repenser leur approche de la gestion de ce dossier" du nucléaire iranien.
M. Wade qui précise s’exprimer "en tant que musulman très proche de l’Occident" affirme qu’il "existe une autre voie que celle qui consiste à vouloir imposer des pré-conditions à l’ouverture des négociations".
Cette approche — qui veut que l’Iran renonce à ses efforts en matière d’enrichissement de l’uranium et qui lui a valu l’ultimatum arrivé à terme le 31 août dernier– a selon le président sénégalais montré ses limites.
Depuis plusieurs mois maintenant, les pays occidentaux tentent par tous les moyens, y compris la menace de sanctions économiques et diplomatiques par les Nations unies, de faire plier Téhéran mais sans succès.
"La stratégie de l’Occident n’a eu comme résultat que la logique de confrontation actuelle", ajoute le président Wade avant de dérouler sa proposition qui comporte "cinq étapes" dont notamment la première est que l’Iran réitère ouvertement son engagement que toutes les activités nucléaires, à commencer par l’enrichissement de l’uranium, sont exclusivement destinées à des objectifs civils et pacifiques".
Cette étape sera suivie d’un engagement des Etats unis à accepter "de rejoindre le groupe international pour un dialogue direct avec l’Iran", ensuite suivent la formation "de ce groupe" sous la conduite d’un facilitateur, qui ensuite se chargera de "consulter" les parties et de fixer une date pour la réunion.
Et le président sénégalais de conclure sans être sûr qu’il sera entendu : "j’encourage l’Occident à accepter que les négociations commencent. Que risque t-il de perdre en le faisant ?"