Crise financière internationale : les craintes de la BCEAO pour la zone UEMOA

Jusque là, les experts africains sont partagés sur l’impact réelle de cette crise sur les économies africaines, les un estimant que l’Afrique est trop « déconnectée » des marchés internationaux pour en subir les contrecoups, alors que d’autres – plus nombreux- sont d’avis que l’Afrique ne peut en aucune façon échapper à une crise qui secoue la planète entière.
« Le recul de la demande étrangère induite par la crise économique mondiale est de nature à affecter l’activité des secteurs tournés vers l’extérieur », a ainsi affirmé la BCEAO dans un communiqué transmis à Ouestafnews.
L’annonce a été faite à l’issue d’une réunion du conseil d’administration de la banque tenue le 26 mars à Abidjan lors de laquelle la Banque s’est dit « préoccupé de l’impact de cette évolution sur la croissance économique, les finances publiques et les comptes extérieurs de l’Union ».
Aussi les administrateurs ont-ils demandé aux dirigeants de la Banque d’envisager l’application de « mesures complémentaires à la suite des conclusions attendues des travaux en cours au plan communautaire sur l’évaluation de l’impact de la crise » dans les économies de l’Union.
En octobre 2008, au plus fort de la crise sur les marchés boursier mondiaux, la BCEAO annonçait la mise sur pied d’un comité de veille le gouverneur de l’institution sous Philippe-Henry Dacoury-Tabley disait à l’époque que ”l’analyse montre que les effets directs de la crise sont négligeables”.
La BCEAO estimait alors que le système bancaire ouest africain est indemne « des effets dits ‘toxiques’» mais envisageait déjà que ce système « pourrait être affecté par la dégradation de l’environnement économique peu favorable».
La BCEAO est la banque d’émission des 8 pays membres de l’Union économique et monétaire ouest africaine que sont le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Niger, le Togo, et le Sénégal.