Crise ivoirienne : Médiation de Yayi, Koroma et Pires, la presse ouest africaine plutôt sceptique

M. Gbagbo s’oppose à son rival Alassane Ouattara, également proclamé président et reconnu par la communauté internationale comme le vainqueur du second tout de la présidentielle disputé le 28 novembre 2010.

Selon les correspondants des médias étrangers présents en Côte d’Ivoire, les trois « médiateurs » sont déjà arrivés sur place à Abidjan.

« C’est la mission de la dernière chance », titre le Journal du Mali (site malien d‘information) soulignant que les trois émissaires « sont connus pour être des amis de Gbagbo ou en tout cas, d’en être plus proches que les Compaoré, Wade ou autre Goodluck Jonathan », en référence aux présidents Abdoulaye Wade du Sénégal, Blaise Compaoré du Burkina Faso et Goodluck Jonathan du Nigeria considérés par le régime du président Gbagbo comme des « ennemis » de la Côte d’Ivoire.

Plus tranché, le site en ligne burkinabé, Fasozine, estime que « la mission est vouée à l’échec avant même d’avoir commencé, puisque Laurent Gbagbo (…) n’entend rien céder ». Et le même site de s’interroger : « que peuvent faire ces trois présidents là où les pressions financières, diplomatiques et autres ont eu, jusqu’ici, peu d’effet ? ».

La même interrogation se retrouve dans les colonnes d’une autre publication burkinabè, l’Observateur Paalga qui parie sur de maigres chances de succès de la mission.

La mission s’annonce « difficile » renchérit, le quotidien béninois « L’Indépendant » avant d’expliquer que le président Yayi Boni entretient « de bonnes relations avec M. Gbagbo, ce qui le met dans une position très difficile ».

A l’opposé du scepticisme de ces confrères le Patriote, quotidien ivoirien proche de M. Ouattara, considère cette mission comme « une planche de salut » que Laurent Gbagbo doit saisir pour sortir par la « grande porte ». Ce journal ne manque pas de rappeler que faute de plier, le président ivoirien devra faire face au « langage des armes », allusion à la menace brandie par la Cedeao en cas d’échec de la médiation conduite par les trois chefs d’Etats.

«La Cedeao a voulu montrer que la sous-région parle un seul et même langage (…) De plus, les trois font partie des chefs d’Etat les moins anti-Gbagbo de la sous-région », analyse L’Iintelligent d’Abidjan (organe jugé plutôt modéré) qui estime que ces chefs d’Etats « arrivent à Abidjan, non pour demander le départ le départ du Président Laurent Gbagbo, mais plutôt en mission de paix, et surtout pour éviter la guerre ».

Avant même l’arrivée de la mission à Abidjan, le président Gbagbo avait jugé « inacceptable », la menace d’une intervention militaire, faisant à son tout planer le risque d’une guerre civile s’il venait à être attaqué par les forces de la Cedeao.