Critique d’un Prix Nobel d’Economie contre les APE

”Le mot +partenariat+ laisse croire qu’il s’agit d’un accord entre égaux, mais la vérité est que les pays les moins avancés (PMA) et l’Union européenne (UE) ne peuvent être des partenaires égaux”, a déclaré l’économiste américain.
Le professeur Joseph Stiglitz a fait cet appel en direction du gouvernement du Ghana lors d’une visite à Accra (Ghana) à l’invitation du Centre africain pour les transformations économiques (ACET), rapporte l’Agence de presse du Ghana (GNA, officielle).
Il a invité le gouvernement ghanéen à prêter une oreille attentive aux critiques formulées par les organisations de la société civile sur les APE et à s’assurer que des accords signés sont en faveur de l’économie locale et du développement économique du pays dans son ensemble.
”Les APE n’offrent pas suffisamment d’opportunités d’affaires aux PMA pour atteindre des niveaux où ils peuvent entrer en compétition avec les économies européennes. Cela est mauvais pour le développement d’un pays comme le Ghana”, a martelé le Prix Nobel de l’économie.
Le professeur Joseph Stiglitz a par ailleurs noté que même si les APE sont défavorables au développement du Ghana, ”ils ne sont pas aussi mauvais que les accords commerciaux bilatéraux entre les Etats-Unis et certains pays en développement comme le Ghana”.
Il a ainsi invité les gouvernements africains à réexaminer les accords commerciaux bilatéraux avec les Etats-Unis et en rejeter les aspects injustes.
Les APE, dont la signature était prévu en décembre 2008, devraient régir les relations commerciales entre l’UE et les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP).
Les pays africains, dans leur majorité, ont rejeté les APE lors du sommet Europe-Afrique en janvier dernier à Lisbonne, au Portugal.
Les négociations de ces accords étaient menées au niveau des organisations sous-régionales comme la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), mais face aux réticences dans ces blocs régionaux, l’UE a proposé des accords dit "intérimaires" qui ont été signés par certains pays dont le Ghana et la Côte d’Ivoire en Afrique de l’Ouest.