Déclaration du CNRDRE du vendredi 30 mars 2012 (texte intégral)

Par Amadou  Aya Sanogo (*)

 

Mesdames, Messieurs de la presse nationale et internationale, Bonjour à tous et à toutes, Merci de l’intérêt que vous portez à notre pays, le Mali.

Comme vous l’avez remarqué depuis trois jours l’actualité s’est intensifiée et accélérée avec les préoccupations que la communauté régionale, notamment la CEDEAO fonde pour notre pays.

Cela ne nous surprend pas car le Mali est un pays qui a œuvré à forger l’intégration de notre sous-région et surtout la construction de la Communauté économique des Etats de I’ Afrique de l’Ouest.

Le Comité national pour le Redressement de la Démocratie et la Restauration de l’Etat a suivi avec intérêt les résolutions du sommet extraordinaire sur le Mali le mardi dernier à Abidjan.

C’est avec honneur et mesure que nous avons accueilli la décision de l’envoi à Bamako d’une délégation de haut niveau composé de chefs d’Etat.

Le Mali tout entier et le CNRDRE attendaient cette rencontre avec un grand intérêt. Malheureusement vous avez suivi avec nous la suite des évènements.

Un incident malheureux, indépendant de notre volonté et de celle de nos compatriotes est venu entraver cette réunion. En mon nom personnel, au nom du CNRDRE et au nom de mes compatriotes, nous présentons toutes nos excuses à la CEDEAO et à tous les partenaires qui sacrifient leur temps et leur énergie pour la situation que vit notre pays.

C’est aussi avec intérêt, et je sais que vous m’attendez sur ce point, que nous avons suivi les résolutions de la réunion des chefs d’états hier après midi à Abidjan.

Nous avons compris la position de la CEDEAO.

Nous nous félicitons surtout de la volonté de part et d’autre de continuer à privilégier le dialogue.

En l’absence des chefs d’Etat, nous avons eu des entretiens fructueux avec les chefs d’Etat major et les ministres des affaires étrangères.

Nous réitérons notre invitation à la CEDEAO d’approfondir davantage son analyse de la situation du Mali.

Nous lui demandons d’analyser les raisons qui nous ont amenés à cette situation.

Le Mali allait mal dans sa démocratie, dans ses institutions, et surtout dans son corps physique avec la situation de guerre que nous connaissons dans les régions Nord de notre pays depuis 2006.

Depuis le 22 mars, nous faisons face à la gestion sociopolitique nouvelle mais aussi continuons à gérer le conflit au Nord.

Les rebelles continuent à agresser notre pays et à terroriser nos populations, des citoyens de la CEDEAO.

La situation est à cette heure critique.

Notre armée a besoin du soutien des amis du Mali à sauver les populations civiles et sauvegarder l’intégrité territoriale du Mali.

C’est pour affronter ce défi sécuritaire, celui du redressement de notre démocratie avec un transparentes, avec une rapide restauration de l’Etat que nous invitons une fois de plus les Etats de la CEDEAO, la communauté internationale de soutenir les populations maliennes et le CNRDRE.

Sur le plan intérieur, nous félicitons tous les démocrates et amou
reux du Mali qui nous ont manifesté leur soutien.

Le CNRDRE félicite l’ensemble de la classe politique, de la société civile, de nos autorités religieuses et traditionnelles pour leur clairvoyance, leur sens de la mesure et leur analyse lucide de ces moments difficiles de notre pays.

Toute fois, le CNRDRE rappelle qu’aucune formation politique et à caractère associative ne doit se prévaloir d’avoir été associés à l’action de l’armée malienne et de ses jeunes militaires qui ont pris leur responsabilité pour sauver le pays d’une impasse politique et sociale.

Le CNRDRE poursuit ses actions d’organisation de l’Etat, d’apaisement de nos compatriotes.

Je vous remercie.//FIN

 

(*)Leader du CNRDRE