Destruction des manuscrits de Tombouctou : l’ire des intellectuels africains

Selon des témoignages rapportés par des médias étrangers, les islamistes armés ont incendié plusieurs de ces écrits multiséculaires, avant de s’enfuir de la ville. Toutefois d’autres sources ont relativisé cette information la mettant sur le compte de la propagande. 
 
 Shamil Jeppie, directeur du projet de conservation des manuscrits de Tombouctou a indiqué à l’Agence France Presse que “la grande majorité” de ces écrits précieux ont échappé aux flammes.
 
“Cet acte s’inscrit dans la longue histoire de destruction des bibliothèques dont le continent africain n’a pas l’exclusivité”, selon une dans une  indique une déclaration transmise à Ouestafnews.
 
La déclaration est co-signée Ebrima Salla, directeur du Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (Codesria, basée à Dakar) et le Pr Mamadou Diawara, professeur directeur, de Point sud, qui se définit un Centre de recherches sur la savoir local, basé au mali.

La destruction de ces archives “est la manifestation d’un désir systématique d’effacement d’une mémoire intellectuelle et culturelle qui avait débuté dans le nord du Mali avec la destruction de mausolées et de sites historiques”, estiment les signataires. Le maire de ville Halley Ousmane a qualifié l’acte posé par les islamistes de  ‘’véritable crime culturel’’.

Au début de l’occupation de la ville de Tombouctou, en mars 2012, les groupes armés avaient détruit un grand nombre de mausolées où étaient inhumés des saints musulmans.  

Au moment de la destruction des manuscrits, des intellectuels venus d’Afrique et de la diaspora, se réunissaient à Dakar autour d’un symposium sur “La bibliothèque coloniale en débat”.
 
Selon eux ce qui s’est passé à Tombouctou “rappelle à quel point la préservation et la transmission du savoir est une priorité et un droit, et toute atteinte contre ce droit un crime”.

Le centre Ahmed Baba était soutenu grâce à des financements extérieurs dont ceux provenant de l’Organisation des nations unies pour les sciences et la culture (Unesco) et de l’Afrique du sud. Il  abritait avant sa destruction annoncée des manuscrits dont le nombre est estimé à plusieurs milliers.

Le Mali mène actuellement une offensive militaire en collaboration avec des forces africaines et françaises pour reconquérir les 2/3 de son territoire, contrôlé depuis mars 2012 par des groupes islamistes armés.