Développement humain : le Mali mécontent récuse le rapport du PNUD

Cette protestation fait suite aux premières réactions de déception et de rejet notées à Bamako dès la publication du rapport il y a quelques jours. Le rapport place le Mali ainsi que plusieurs autres pays ouest africains en queue de peloton.
Ainsi, après avoir « convoqué » le représentant résident du programme des nations unies pour le développement au Mali, et avoir adressé une lettre de protestation à l’Administrateur du PNUD à New York, le gouvernement malien a rendu publique une déclaration en date du 23 novembre, fustigeant les résultats de l’étude onusienne.
"Pour l’année 2006, le Gouvernement du Mali tient à exprimer sa surprise et son rejet du contenu du Rapport mondial sur le développement humain en ce qui concerne le Mali (175è sur 177 pays classés avec un indice de 0,338)", affirme Bamako dans sa déclaration remise à la presse, précisant que "les indicateurs statistiques utilisés pour l’année 2004 (année de référence pour l’élaboration du Rapport 2006 du PNUD) sont absolument faux".
C’est la première fois qu’un pays africain fustige avec autant de vigueur une étude ou un rapport émanant de l’ONU et ayant trait aux questions de développement.
Pour le Mali, les analyses et le classement issues de telles statistiques sont donc "erronées".
Les autorités maliennes soulignent qu’en 1997 déjà, de pareilles erreurs s’étaient produites concernant le Mali, qui engage la responsabilité du PNUD.
En effet le gouvernement malien refuse l’abri "d’étude indépendante" dont se prévaut le PNUD pour dire que les vues exprimées dans le document « ne reflètent pas » ses points de vue. Cela est incompatible avec la publication du rapport « sous le label du PNUD », affirme-t-on sans langue de bois au Mali.
Les protestations documentées et appuyées par des chiffres fournies par les autorités de Bamako posent la question de la crédibilité des nombreux et volumineux rapports – parfois eux-mêmes contradictoires – publiées par les différentes organisations du système des Nations unies.