Diplomatie : Banjul rompt avec Téhéran, les Iraniens ont 48 heures pour quitter la Gambie

Un communiqué lu a la Radio télévision gambienne (GRTV, publique) a annoncé la décision « sans plus de détails », a indiqué à Ouestafnews un témoin joint au téléphone depuis la capitale gambienne.
Aucune raison n’a été fournie pour justifier cette décision du gouvernement gambien.

Toutefois, plusieurs médias avaient mentionné la Gambie comme destination finale d’un chargement d’armes saisi en octobre 2010 au Nigeria par les services de sécurité de ce dernier pays. Le chargement en question serait parti de l’Iran, selon les mêmes sources.

Avant cet incident la Gambie et l’Iran entretenait d’excellentes relations bilatérales.
Par exemple, lors du sommet de l’Union africaine, tenue en Juillet 2006 en Gambie, le président Mahmoud Ahmedinejad d’Iran était l’invité d’honneur du sommet.

Depuis l’accession du président Yahya Jammeh au pouvoir (à la suite d’un putsch militaire en 1994), l’axe Téhéran Banjul est allé en se consolidant.

La Gambie figure d’ailleurs au nombre des pays du Sud qui défendent vigoureusement le droit de l’Iran à devenir une puissance nucléaire.

Cette position audacieuse de Banjul est récompensée par un soutien appuyé de Téhéran dans divers domaines allant de la sécurité aux renseignement militaire en passant par l’énergie et l’agriculture…

La décision de Banjul, selon le desk diplomatique d’Ouestafnews, prive donc la Gambie d’un allié de poids et pourrait signer l’arrêt de certains grands projets financés par Téhéran, comme par exemple ce projet d’appui au secteur des transports publics d’un montant de 2 milliards de dollars (plus de 880 milliards FCFA aux taux actuels).

Cette influence grandissante de l’Iran sur la Gambie n’est pas sans inquiéter les Américains.
Pour contrer cette influence iranienne, un rapport américain daté de mars 2009 et destiné aux responsables du département d’Etat recommandait une possible reprise de l’aide américaine en faveur de Banjul, aide suspendue en raison des nombreux cas de violation des droits de l’Homme par le régime du président Yahya Jammeh.

Ce non respect des droits de l’Homme a valu à la Gambie d’être exclu de la liste des nations « éligibles » au Millenium Challenge Account, un ambitieux programme américain d’appui au développement en faveur des pays du Sud.