Education : l’anglais au primaire peut être contreproductif selon un linguiste

Avant d’introduire l’anglais à l’école primaire dans le contexte francophone, il est « important qu’il y ait des professeurs qui se sentent à l’aise pour pouvoir enseigner en anglais, et il ne faut pas forcer le corps enseignant à le faire s’ils n’est pas apte » a-t-il averti.

Comme première solution, M. Coleman, recommande un enseignement « assez léger, en utilisant le matériel didactique approprié ».

Par conte «si l’enseignement dès l’école primaire intègre les règles grammaticales, par exemple, cela peut pousser les enfants à finalement détester l’anglais. C’est une arme à double tranchant et tout dépend des contextes », a expliqué le linguiste.

Chercheur associé à l’université de Leeds en Angleterre et auteur de plusieurs ouvrages sur le thème de l’anglais en tant que langue vivante, Hywel Coleman s’exprimait devant des journalistes au British Council de Dakar où il est en conclave avec quatorze professeurs d’anglais issus de 7 pays de la sous-région ouest africaine et de la Mauritanie. Selon le British Council, ces derniers vont bénéficier d’ outils conceptuels et méthodologiques qui vont leur permettre de produire par la suite une étude sur « l’importance de l’anglais en Afrique francophone ».

Selon M. Coleman l’autre défi de taille qui se pose à l’introduction de l’anglais à l’école primaire réside dans la cohabitation avec la langue maternelle ou véhiculaire qu’utilise l’élève en famille et dans la société et qui est beaucoup plus apte pour l’enseignement primaire.

« L’Idéal en matière d’enseignement primaire, c’est que l’enseignement puisse se faire dans la langue que les enfants parle dans leurs milieux familiaux », a-t-il soutenu.

L’introduction de la langue anglaise, dès l’école primaire sera bientôt une réalité en Côte d’Ivoire et au Sénégal. Dans ce dernier pays, l’anglais sera d’ailleurs désormais une épreuve obligatoire dans les épreuves des concours de la fonction publique, selon un communiqué du gouvernement publié le 02 juin 2011.

De façon général, estime le linguiste britannique, la maîtrise de cette langue dans le monde actuel comporte plusieurs avantages dans la mesure où elle augmente l’employabilité d’autant que les offres d’emplois se font de plus en plus en anglais, facilite la collaboration et la mobilité internationale et l’accès à l’information.

Selon le site populationdata.net, l’Anglais compte à travers le monde 1,08 milliards de locuteurs, c’est la seconde langue la plus parlée au monde après le mandarin (chinois) qui compte 1,2 milliards de locuteurs.