Elections ivoiriennes : Laurent Gbagbo met en garde les ressortissants ouest africains

Les propos du président ivoirien ont été retransmis par la Radio Télévision Ivoirienne (RTI, chaine publique).
« Je voudrais dire à tous nos frères de la CEDEAO – la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest – (…) cette opération là n’est pas la vôtre », a affirmé le président ivoirien rappelant qu’il a tenu le même message aux représentants des communautés concernées.
La Côte d’Ivoire doit aller à des élections, initialement prévues le 30 novembre, mais qui selon les principaux acteurs ne peuvent plus être tenues à la date prévue en raison des retards dans la préparation.
La question de la nationalité constitue depuis plus d’une décennie un sérieux contentieux en Côte d’Ivoire et a été au centre de la crise ivoirienne, pays qui selon ses responsables compterait « 26%d’étrangers », en majorité des Ouest africains.
Ces chiffres avaient été avancés avant le conflit de septembre 2002, mais l’éclatement de la crise et la guerre qui s’en est suivie a poussé beaucoup de ces étrangers à quitter le pays.
« Nous avons les moyens de détecter les faux (…) et nous allons les détecter et les mettre en prison », a fermement averti le président ivoirien.
Il y a quelques jours, des responsables du Front Populaire Ivoirien (FPI, le Parti au pouvoir) ont publiquement accusé le Rassemblement des Républicains (RDR), parti de l’ex-premier ministre Alassane Ouattara de vouloir faire enregistrer frauduleusement des étrangers sur les listes électorales pour remporter l’élection.
M. Ouattara, ex-premier du père de l’indépendance, Houphout Boigny, est lui-même accusé d’être un étranger (ou de « nationalité douteuse ») et a été pour cette raison exclus des deux précédents scrutins présidentiels organisés dans le pays.
Lors d’un son discours, le président Gbagbo a rappelé les conditions de « naturalisation » pour les ressortissants étrangers, suggérant à ceux qui veulent la nationalité ivoirienne d’en faire la demande.
M. Gbagbo a aussi rappelé qu’avec sa décision de « supprimer la carte de séjour », tout ressortissant de la CEDEAO est désormais libre de séjourner et de circuler en Côte d’Ivoire.
La CEDEAO, prévoit la « libre circulation des personnes et des biens » à l’intérieur de l’espace communautaire, composé de 15 Etats qui sont: Bénin, Burkina Faso, Cap Vert, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée Conakry, Guinée Bissau, Mali, Niger, Nigeria, Liberia, Sierra Leone, Sénégal, Togo.