Elections locales: les Sénégalais disent non à la monarchie Wade, selon les premières tendances

Selon les premiers résultats provisoires sortis des urnes, affichés devant les bureaux de vote et diffusés au fur et à mesure par les médias privés, le président et son fils ont tous les deux perdu dans les centres de vote où ils ont accompli leur devoir civique.
Selon plusieurs analystes et les médias locaux, pour s’être personnellement impliqué dans la campagne électorale – transformant ainsi le vote en référendum – le chef de l’Etat sénégalais a subi un revers personnel et devrait en tirer les conséquences
« En s’impliquant dans une élection qui ne le concernait pas, Me Wade (le président sénégalais) a transformé le scrutin en référendum », analyse ainsi le journal Wal fadjri , qui souligne qu’il appartient désormais au chef de l’Etat de décoder le signal qui lui a été envoyé par les électeurs.
Pour ce journal, dont la Une du jour porte sur « le désaveu » du chef de l’Etat et la « claque magistrale » administrée à son fils par les électeurs, « le décryptage s’impose ».
Le ton est similaire pour l’Observateur qui affirme que le père et le fils ont été tous deux « humiliés », rappelant que la Coalition Sopi 2009 (au pouvoir) « a été battue même dans les bureaux où Wade père et fils ont voté ».
De son côté, Le Quotidien (privé) souligne que « Dakar rejette Karim », la ville dont on disait qu’il aspirait à devenir le maire en cas de victoire de la coalition parrainée par son père.
Pourtant dans un entretien publié la veille du scrutin, le fils Wade dévoilait enfin ses nouvelles ambitions politiques au delà des élections locales, alors que son père n’a cessé de lui baliser le terrain « vers le sommet », suscitant colère et indignation au niveau du pays, et particulièrement de la jeunesse.
Ces élections, marquées par de nombreux dysfonctionnements qui ont fait peser des soupçons de « sabotage » orchestré par le pouvoir, ont connu un taux de participation un peu au dessus de 50 %, selon des chiffres publiés par le quotidien pro-gouvernemental Le Soleil, qui ne s’est aventuré à annoncer aucun résultat provisoire.
Arrivé au pouvoir en 2000, porté par une forte coalition et à la faveur d’un vote populaire massif, le président Abdoulaye Wade, qui avait promis le « changement » à son pays après 40 ans de régime socialiste, s’est peu à peu séparé de tous ses alliés qui l’avaient soutenu.
Lors de sa dernière tournée dans le pays pendant la campagne électorale en prélude aux élections du 22 mars, les populations de plusieurs localités l’ont accueilli par des huées ou des jets de pierres alors que d’autres portaient brassards ou foulards rouges en signe de protestation contre les dérives et l’incompétence de son régime.