Emigration : l’élite de la ‘diaspora’ sénégalaise rentre au pays


Par : Ouestafnews

Cette opération de "retour", dénommée "Homecoming" par ses initiateurs, est une idée d’un certain nombre de cadres établis à l’étranger et regroupés au sein d’une structure appelée Re-Source (Rencontre des Sénégalais pour une Organisation Utile des Ressources de la Communauté des Expatriés), a confié à Ouestafnews Mahamadou Lamine Sagna, un des organisateurs, lui-même établi aux Etats-Unis d’Amérique.
L’objectif «est de mettre à la disposition des acteurs institutionnels et économiques du Sénégal les ressources financières, humaines et matérielles de ses ressortissants expatriés», selon les promoteurs de l’évènement qui affirment qu’ils attendent près de 400 personnes, dont un certain nombre de personnalités étrangères, à cette première édition de Homecoming.
Ainsi pendant trois jours, les participants prendront part à "des conférences (…), des ateliers, des rencontres d’affaires (et à) d’autres activités culturelles". Ces manifestations seront couronnés par une cérémonie lors de laquelle seront distingués quelques "expatriés pour magnifier l’exemplarité dont ils font montre dans leurs actions quotidiennes".
L’apport des émigrés dans l’économie sénégalaise est souvent estimé à près de 300 milliards FCFA par an, mais ces chiffres restent invérifiables et surtout, disent les experts, ces sommes ne financent que "la consommation" et très rarement les secteurs productifs de l’économie.
La plupart de ces ressources proviennent surtout des commerçants et des artisans ainsi que d’autres opérateurs du "secteur informel", qui constituent le gros bataillon des émigrés sénégalais à l’étranger, estimés au total à environ 2,5 millions de personnes.
Un récent rapport de la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (CNUCED) note toutefois que le Sénégal est aussi sévèrement touché par le phénomène de la fuite des cerveaux (juquà 20% des universitaires) qui n’épargne aucun pays africain.
En Afrique de l’ouest francophone, l’exemple du Bénin est devenu si galvaudé qu’experts et leaders politiques le répètent sans cesse et à la moindre occasion : il y a "plus de médecins béninois" établis en France que dans leur pays natal, ressassait encore lors de son passage à Dakar, le 26 juillet, le président français Nicolas Sarkozy.
Le phénomène n’est pas propre au Bénin puisque d’autres études révèlent que le Nigeria, pourtant considéré comme "le géant" en Afrique de l’Ouest compte plus de médecins établis en Angleterre et aux USA qu’au Nigeria même.
De petits pays comme le Cap Vert ou la Gambie ne sont pas épargnés non plus et auraient en 2004 perdu plus de 15% de leurs meilleures ressources humaines au profit des pays développés.