Faire de l’alimentation un droit inscrit dans la constitution, plaide une militante

Faire de l’alimentation un droit inscrit dans la constitution, plaide une militante
« Pour le moment le Niger a fait de réelles avancées en ce sens en inscrivant la question de la sécurité alimentaire dans sa constitution. Pour le reste nous nous battons pour que le droit à l’alimentation soit dans les constitutions des autres pays membres », a affirmé dans un entretien à Ouestafnews Huguette Aplogan Dossa coordinatrice régionale du Réseau africain pour le droit à l’alimentation (Rapda).

S’exprimant en marge des activités du Forum social mondial (FSM) qui prennent ce vendredi 11 février 2011 à Dakar, la coordinatrice du Rapda a en outre plaidé pour une production et une consommation locales avant toute exportation, ainsi qu’un arrêt du processus d’accaparement des terres agricoles africaines par les grandes multinationales étrangères, également source d’insécurité alimentaire.

« La promotion de la dignité humaine passe prioritairement par la réalisation des droits économiques et sociaux et culturels notamment le droit le droit à l’alimentation », affirme un document de ce réseau basé au Bénin, et composé d’ONG présentes dans 25 pays africains, dont neuf pays d’Afrique de l’ouest (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Gambie, Mali, Niger, Nigeria, Togo, Sénégal).

« L’idée chez nous en Gambie c’est désormais de manger ce que nous produisons et de produire ce que nous mangeons et nous sommes encouragées dans cette voie par le gouvernement qui reste très conscient de la valeur des denrées agricoles locales », a de son côté confié à Ouestafnews Mme Gay Khady Sy, à la tête d’une délégation de femmes gambiennes actives dans la transformations des denrées locales, également présentes à Dakar.

Un document de l’Organisation des Nations unies pour l’Alimentation et l’agriculture (Fao) consulté par Ouestafnews affirme que « l’adoption de cet instrument constitue un jalon important pour la ‘justiciabilité’(sic) du droit à l´alimentation ».

Cette idée repose sur l’espoir qu’une fois que ce texte « sera entré en vigueur, les individus relevant de la juridiction de ces pays ayant ratifié le Protocole Facultatif, pourront avoir accès à un mécanisme quasi judiciaire qui n´avait pas était créé au niveau international ».

En dépit de ce combat pour la ratification de ce protocole, l’expérience a toutefois montré que plusieurs pays africains ou d’autres parties du monde signent et ratifient des conventions internationales et d’autres instruments juridiques internationaux qui restent lettre morte, n’ayant aucun impact sur la vie quotidienne des citoyens.

A titre d’exemple, en novembre 2004, 187 pays ont adopté des « lignes directrices volontaires » visant à soutenir la réalisation progressive « du droit à une alimentation adéquate » dans le contexte de la sécurité alimentaire nationale.

En raison de la situation d’insécurité alimentaire en Afrique et de la hausse des prix des denrées alimentaires sur les marchés internationaux, l’édition 2011 du FSM s’est largement focalisée sur cette question.

Lancé le 6 février 2011 par une marche à laquelle ont pris part des milliers de personnes, la 11ème édition du Forum social mondial (FSM), a regroupé dans la capitale sénégalaise des milliers de militants venus défendre diverses causes. La liste des participants (en provenance du monde entier) va des leaders politiques socialistes ou écologistes aux militants altermondialistes purs et durs en passant par des universitaires ou chercheurs intéressés par le mouvement altermondialiste, ainsi que de simples curieux.