Filière café-cacao en Côte d’Ivoire : cinq ministres devant les juges pour audition

La décision d’autoriser l’audition des ministres concernés a été prise en Conseil des ministres ce 14 août suite à un rapport présenté par le ministère de la Justice, à la requête du président Laurent Gbabgo, selon le communiqué du Conseil des ministres rendu public le même jour.
Plusieurs hautes personnalités ayant eu à gérer cette filière ont été inculpés et se trouvent déjà derrière les barreaux et devront faire face à des accusations de mauvaise gestion, de détournement de denier publics, de corruption ayant valu au pays des pertes estimés au moins à plusieurs centaines de millions, voire des milliards de Francs CFA…
« Dans leurs différentes déclarations (…) les inculpés, comme preuve de leur bonne foi et de la régularité des opérations financières qu’ils avaient effectuées, déclaraient que les acquisitions de biens meubles et immeubles litigieux avaient toujours reçu les autorisations préalables des Ministères de tutelle technique et financières, en l’espèce les Ministres de l’Agriculture et ceux de l’Economie et des Finances », souligne le communiqué pour justifier la nécessité d’entendre les ministres en question.
Outre Messieurs Bouhabré et Coulibaly, les trois autres ministres à entendre par les juges sont Alphonse Douati, Danon Djédjé et Diby Koffi Charles.
Pour le gouvernement ivoirien, qui rappelle que les ministres, ne sont pas « inculpés », il s’agit de « marquer sa volonté de transparence dans cette affaire et son engagement à voir aboutir l’enquête ».
Paul Bohoun Bouabré actuellement ministre d’Etat, ministre du plan est classé parmi les proches du président Gbagbo. Il est cité dans l’affaire en tant qu’ancien ministre de l’Economie et des finances.
Amadou Gon Coulibaly, membre du Rassemblement des républicains de l’ex-premier ministre Alassane Ouattara et actuel ministre de l’agriculture, avait vu son nom cité dans l’affaire par la rumeur abidjanaise dès les premiers jours de l’enquête.
Ces partisans avait alors brandi la carte de la volonté du camp présidentiel de « détruire » un adversaire politique à l’approche de l’élection du 30 novembre puisque M. Coulibaly est le directeur de campagne du candidat Ouattara à la présidentielle de 2008.