Flux financiers illicites : l’Afrique perd environ 5% de son Pib

« Les flux financiers illicites représentent le plus gros problème économique des pays en voie de développement, » a déclaré dans un communiqué transmis à Ouestafnews, le Président de GFI, Raymond Baker.

Selon cette organisation américaine, qui va tenir du 18 au 20 mai 2015 une conférence internationale sur le sujet à Johannesburg, les fuites de capitaux représentent l’équivalent de 5.5 pourcent du PIB en Afrique sub-saharienne.

Riche en ressources en naturelles, dotée aujourd’hui d’une croissance économique de plus en plus forte, l’Afrique est cependant le continent le plus touché par le fléau des flux financiers illicites.

Selon le Fonds monétaire international, le Pib global de l’Afrique s’établissait à 2 513 milliards de dollars américains en 2013.

« En plus de priver l’Afrique d’énormes capitaux, ces sorties illicites minent la responsabilité et la stabilité des gouvernements, étouffent la mobilisation des ressources intérieures, et entretiennent les inégalités économiques », souligne le GFI dans son communiqué

Selon, la Commission économique pour l’Afrique (CEA), on estime que l’Afrique perd plus de 50 milliards de dollars par an du fait des flux financiers illicites. Toutefois, la CEA, précise que ces estimations sont peut-être très en deçà de la réalité.

« Il n’existe pas de données précises pour tous les pays africains, car elles excluent souvent certaines formes de flux financiers qui par nature sont secrets et ne peuvent donc être correctement estimés, par exemple les sommes résultant de la corruption et du trafic de drogues, de la traite des personnes et du trafic des armes à feu », d’après le Rapport du Groupe de haut niveau sur les flux financiers illicites en provenance d’Afrique, publié en 2014.

A Johannesburg, le GFI, en collaboration avec la fondation Friedrich-Ebert-Stiftung (FES) et l’Institut des droits de l’homme de l’Association internationale du barreau (IBAHRI), compte adosser les débats sur la Déclaration de New Haven qui stipule que « les droits de l’Homme et l’intégrité financière internationale sont intimement liés. »

« Aujourd’hui, un exode massif d’argent illicite, beaucoup plus conséquent que l’ensemble de l’aide publique au développement – aggrave considérablement la pauvreté et l’oppression dans de nombreux pays en voie de développement », lit -on dans cette déclaration adoptée en 2009.