Gambie : Maliens, Nigérians, Sénégalais…dans le couloir de la mort

Disponible sur le site sur le site civilsociety-gambia.org et consultée par Ouestafnews, la liste des personnes qui risquent de passer à la guillotine, si cette décision est maintenue, comprend aussi 11 prisonniers politiques gambiens, le reste étant de droit commun.

S’exprimant à l’occasion de la fin du Ramadan célébrée en Gambie le dimanche 18 août 2012, le président Yahya Jammeh avait fait une déclaration ferme sur « l’exécution de la loi dans toute sa rigueur » contre les criminels, selon des extraits du discours parvenus à ouestafnews.

« D’ici la mi-septembre, toutes les peines de mort devront être mises à exécution», a ajouté le président gambien à la même occasion, selon des propos cités par le site internet de la BBC.

La coalition des organisations de la société civile gambienne se dit « absolument certain que la plupart des prisonniers politiques n’ont pas eu un procès équitable » . Selon ces organisations, la peine de mort est en fait un outil pour se débarrasser des dissidents politiques.

Au Sénégal, pays limitrophe de la Gambie, un appel à « une grande mobilisation tendant à contraindre le Président Yaya Jammeh à l’abandon de son projet funeste … » a été conjointement lancé la Rencontre Africaine de défense des droits de l’homme (Raddho), la Ligue sénégalaise des droits de l’homme (LSDH) et la section sénégalaise d’Amnesty international.

Le président en exercice de l’Union africaine, le chef de l’Etat béninois, Boni Yayi a dépêché dès le jeudi 22 août 2012 à Banjul son ministre des Affaires étrangères, Nassirou Bako Arifari.

« Le président Yayi, très préoccupé, a souhaité que le président Yahya Jammeh veuille surseoir à la mise en œuvre d’une telle décision », a-t-il déclaré sur les ondes de Radio France internationale.

Ancien lieutenant de l’armée gambienne, auteur d’un putsch contre le président Dawda Jawara en juillet 1994, Yaya Jammeh a instauré depuis un régime autocratique et répressif, qui lui vaut régulièrement les critiques des défenseurs des droits de l’homme. D’ailleurs certains de ces militants s’insurgent régulièrement contre l’installation à Banjul du siège du siège de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), un organe de l’Union africaine.