Gestion des conflits en Afrique de l’ouest : la Cedeao invitée à revoir sa copie

« Il faut qu’on fasse une critique constructive de la Cedeao » a plaidé ce vendredi 4 mai 2012 Bruno Sonko, Chercheur au Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (Codesria). Selon lui « il n’y a pas de volonté politique au niveau de cette organisation dont il faut repenser les méthodes d’organisation et d’intervention ».

Aussi bien au Mali qu’en Guinée Bissau, des militaires ont destitué les régimes en place, respectivement le 22 mars et le 12 avril 2012, et depuis la Cedeao multiplient les rencontres et les appels au retour à « l’ordre constitutionnel », sans vraiment parvenir à ses fins.

Pour le cas spécifique de la Guinée-Bissau, la valse des coup et d’Etat militaires dure depuis plus d’une décennie, et jusqu’à présent aucune solution durable n’est apportée au problème.

Des mécanismes existent par rapport à la prévention des conflits, mais l’organisation sous-régionale est « souvent en retard » dans ses réactions, selon M. Sonko qui s’exprimait lors d’une conférence publique sur le thème du « nouveau panafricanisme et les crises du continent ».

Dans les deux cas, la Cedeao quoique brandissant la menace du déploiement de la « force d’attente », en est encore réduite à des condamnations et à des déclarations de principe. Ce fut encore le cas lors du tout dernier sommet « extraordinaire » tenu le 03 mai 2012 à Dakar.

Dans son intervention l’économiste et altermondialiste sénégalais Demba Moussa Dembélé a déploré l’absence de la société civile africaine dans les différents sommets qu’organisent la Cedeao où prennent pourtant place plusieurs chancelleries occidentales.

Saliou Mboup, ancien ambassadeur, analyse le problème sous l’angle d’une crise du leadership à la fois politique et économique : « tous les problèmes en Afrique, quand on les analyses mène à une crise profonde du leadership », a-t-il soutenu avant d’jouter que « les peuples africains sont prêts et aspirent au changement, il y a énormément de signes qui le montrent mais ce qui manque c’est un leadership qui soit capable de donner une direction à leurs aspirations ».

Zakaria Sambakhé, membre de l’organisation des jeunesses panafricanistes (OJP) est lui moins critique que ses aînés estimant que « même si la Cedeao peine à remplir sa mission, il faut compter avec elle, jusqu’à ce qu’on ait une institution plus forte ».

La région ouest africaine est restée durant ces deux, voire trois dernières décennies la région la plus trouble du continent avec notamment des guerres civiles en Sierra Leone et au Liberia, un conflit politico-militaire en Côte d’ivoire, qui ont toute duré plusieurs années et plombé le développement économique et social de la sous-région.