Ghana : le parlement demande le réexamen de la loi sur les avantages dus aux ex- chefs d’Etat

Selon cette loi, dont les Ghanéens ont pris connaissances avec stupéfaction au lendemain du départ début janvier du président John Kufuor, tout ancien chef de l’Etat du Ghana a droit, entre autres privilèges, à six véhicules, avec une dotation en carburant et un chauffeur. Ce parc automobile doit être renouvelé tous les quatre ans.
Il bénéficie en outre de 45 jours de congé à l’étranger, chaque année, au frais du contribuable, de même que les membres de sa famille.
Il a également droit à deux villas entièrement équipées par l’Etat. Celles-ci restent la propriété de ses héritiers à la mort de l’ancien président. En cas d’embouteillage, il bénéficie d’une flèche, pour des raisons de sécurité, en plus d’une garde rapprochée 24 heures sur 24. A tout cela, s’ajoute une indemnité de fin de mandat d’environ 500 millions de francs CFA.
Cette loi votée par le régime sortant du président Kufuor ne cesses de susciter la polémique et a quelque peu ternie l’image de son gouvernement pourtant salué quelques jours plus tôt pour avoir cédé le pouvoir à l’ancienne opposition.
Le président du groupe parlementaire majoritaire, Alban Bagbina, a confié à ce sujet à l’agence de presse du Ghana (GNA, officielle) a assuré que la loi sera réexaminée et les conclusions des parlementaires seront soumises au nouveau président John Evans Atta Mills. Il reconnaît que la loi n’avait pas été sérieusement étudiée lors de son premier passage au Parlement.
Pour sa part, le président du groupe parlementaire minoritaire (opposition), Osei Kyei-Mensah-Bonsu, affirme avoir pris note des récriminations de la population et de l’émotion ainsi suscitée par cette loi, rapporte GNA.

L’ancien président John Rawlings n’avait pas bénéficié de tels avantages à la fin de son deuxième mandat en 2000.
Des organisations de la société civile ont organisé une marche de protestation, mardi à Accra, pour dénoncer cette loi, estimant que c’est un moyen de dilapider les deniers publics.
Ce débat s’est posé quelques jours seulement après le départ du pouvoir de John Kufuor qui vient de boucler deux mandats de quatre ans à la tête du pays.