Gouvernement de l’UA : le Nigeria préconise l’implication des parlements nationaux

L’idée d’un gouvernement de l’Union, agitée depuis quelques années par le colonel Kadhafi et quelques chefs d’Etats ouest africains, a été une nouvelle fois rejetées, cette fois-ci aux calendes grecques lors du sommet de l’UA à Addis-Abeba, les chefs d’Etats ayant préféré l’idée d’une « Autorité » de l’U.A en lieu et place d’un « gouvernement ».
Selon Abuja, il faut impliquer les parlementaires dans le processus de création de ce gouvernement pour s’assurer de son appropriation par les populations, a affirmé le vice-président du Nigeria, Goodluck Jonathan, dans un discours prononcé lors du sommet de l’UA qui se déroule à Addis-Abeba (Ethiopie).
M. Jonathan, dont les propos sont rapportés par le quotidien The Guardian, a expliqué que même si la mise en place des Etats-Unis d’Afrique est souhaitée, les modalités doivent être claires.
”Dans la mesure où l’objectif du gouvernement de l’Union est d’être au service des populations africaines, il est nécessaire d’impliquer les différentes assemblées nationales et parlements des pays africains dans le processus de sa formation pour s’assurer d’un mandat démocratique à l’Union”, a insisté le vice-président du Nigeria qui représente son pays à la rencontre.
Le gouvernement de l’Union ne sera durable et faisable que si les facteurs bloquants sont correctement identifiés, a-t-il fait savoir, soulignant les pays du continent ont différents systèmes de gouvernement, entre autres différences.
Les chefs d’Etat africains ont décidé de transformer la Commission de l’UA en une Autorité de l’Union africaine.
Le lancement de la nouvelle Autorité de l’UA, préalable à la mise en place du gouvernement continental et la nomination des actuels commissaires de l’UA en ministres fédéraux se fera lors du prochain sommet de l’UA, prévu en juillet prochain à Madagascar, a annoncé le président en exercice de l’UA sortant, le Tanzanien Jakaya Kikwete.
Le futur président de l’Autorité de l’UA sera assisté par un vice-président. Neuf domaines de compétences partagées vont être créées portant notamment sur la réduction de la pauvreté, la libre circulation des biens et des personnes, les Infrastructures régionales et continentales et les changements climatiques.
Le chef de l’Etat sénégalais Abdoulaye Wade et son homologue libyen le colonel Kadhafi sont les ardents défenseurs de la mise en place immédiate d’un gouvernement de l’Union.
Mais leur volonté se heurtent à la réticence d’un groupe dit ”gradualiste” qui préconise d’y aller étape par étape.
[