Grande Bretagne : une caution pour le visa fait polémique

« C’est le prochain jalon que nous allons poser afin de rendre notre système d’immigration plus sélectif, et ramener les chiffres des centaines de milliers à une dizaine de milliers, tout en accueillant les plus brillants et les meilleurs pour la Grande-Bretagne », a indiqué la ministre de l’Intérieur Theresa May, membre du Parti Conservateur dans des propos largement relayés par les medias.

Selon les autorités britanniques, la caution qui sera imposée constitue une garantie qui aura pour effet de dissuader les candidats à ’immigration clandestine, les fraudes entre autres. Le visiteur ne pourra récupérer son argent que s’il respecte les délais de séjour qui lui sont accordés au moment de l’attribution du visa.

Outre les deux pays ouest africains, la mesure annoncée par le ministère concernent également l’Inde, le Sri Lanka, le Bangladesh et le Pakistan, qualifiés de pays à « haut risque » du fait de forte la quantité de demandes de visa y provenant. Ces pays sont tous d’anciennes colonies britanniques, membre du Commonwealth.

L’autre objectif déclaré de cette mesure, c’est de faire de l’immigration « choisie », en ne facilitant que l’entrée des cerveaux et cadres dont le Royaume Uni a besoin pour son développement.

Cette décision a suscité beaucoup de réactions indignées sur les réseaux sociaux de la part de citoyens des pays concernés.

Sur le réseau social Twitte, nombre de citoyens indiens ont appelé leur gouvernement à appliquer la réciprocité. Des Nigérians et des Ghanéens ont également appelés leur gouvernement à réagir.

Beaucoup d’internautes ont aussi attiré l’attention sur le fait que des gens se rendent fréquemment en Grande-Bretagne pour visite médicale, d’autres pour des cérémonies familiales, soulignant l’incommodité de devoir à chaque fois s’acquitter de la somme en de pareilles circonstances.

L’ONG ghanéenne, Alliance for Accountable Gouvernance (AFAG) parle d’un acte « hautement ridicule »’, selon un texte publié sur son site web, en dénonçant un acte qui en plus sape les fondements du Commonwealth dont la Grande-Bretagne constitue le « pilier ».

Les derniers chiffres fournis en mai 2013 par les autorités britanniques font état d’une baisse « significative » du nombre de migrants. Entre septembre 2011 et septembre 2012, le nombre d’entrées est passé de 240.000 à 153.000.

L’actuel Premier ministre britannique, le conservateur David Cameron, avait durant la campagne électorale pour les législatives de 2010 fait la promesse de ramener le nombre d’entrées en deçà des 100.000 par an avant 2015.

Lire également:
Elle dit bouder le visa français et fait le buzz sur le web