Guinée : difficile médiation de la CEDEAO, la crise perdure

Guinée : difficile médiation de la CEDEAO, la crise perdure
Une délégation d’émissaires de la CEDEAO, dirigée par l’ancien chef d’Etat nigérian Ibrahim Babangida s’est rendu le samedi 17 février à Conakry en vue de trouver une solution à la crise. Mohamed Ibn Chambas, président de la Commission de la CEDEAO faisait également partie de la délégation.
Les syndicats exigent la levée de l’état de siège et la libération des personnes arrêtées avant de reprendre les négociations avec le gouvernement, selon des correspondants de la presse étrangère sur place.
La délégation avait immédiatement quitté la capitale guinéenne le même jour sans réussir à renouer le fils du dialogue, selon des témoignages recueillis sur place.
"Pour l’instant les émissaires parlent avec les différentes parties (…)pour évaluer la situation", a déclaré Adrienne Diop, chargée de la communication de la CEDEAO, citée par le correspondant à Abuja de la Voix de l’Amérique (VOA).
Mi-janvier, la CEDEAO avait mandaté les présidents Olusegun Obasanjo du Nigéria et Abdoulaye Wade du Sénégal pour servir de médiateurs en Guinée, mais le président guinéen avait très "diplomatiquement" rejeté l’offre avant d’ouvrir des négociations directes avec les syndicalistes.
Ces négociations avaient abouti à l’accord du 27 janvier, entre les leaders syndicaux et le Chef de l’Etat qui s’était engagé à nommer un premier ministre "neutre et consensuel", n’ayant jamais été associé de près à la gestion du régime en place.
Le choix par le président Conté d’un de ses anciens collaborateurs, Eugène Camara, avait attisé la colère des syndicats, qui ont repris leur mot d"ordre de grève appuyée par la société civile et l’opposition.
Les manifestations de rue s’en étaient suivies. En réponse, le président Conté a imposé l’état de siège et le couvre-feu depuis le 12 février.
Depuis l’opposition et la société civile guinéenne dénonce des massacres et des centaines d’arrestations de population civiles.