Guinée : la France se fait l’avocat des putschistes et annonce une transition plus courte

Au moment de sa prise du pouvoir, le CNDD avait annoncé son intention de rendre les commandes à un président civil en décembre 2010, soit une transition de deux ans.
« La junte a accepté de ramener la transition à une année et (…) des élections présidentielles verront donc le jour avant la fin de cette année. Ainsi que d’ailleurs les législatives… », a déclaré Alain Joyandet, à la Télévision publique guinéenne à l’issue d’une rencontre avec les nouvelles autorités du pays.
Le secrétaire d’Etat français qui était en visite à Conakry pendant le week-end du 3 au 4 janvier, a expliqué que le Premier ministre guinéen, Kabiné Komara «s’emploie de nos jours à constituer son gouvernement.»
« La plus forte demande pour laquelle nous avons obtenu satisfaction (…) c’était que les militaires déclarent officiellement qu’ils s’engagent à ne pas participer eux-mêmes à ces élections. Qu’ils étaient là uniquement pour assurer une transition”, a dit l’émissaire français qui s’est entretenu avec le capitaine Moussa Dadis Camara à la tête de la junte qui a pris le pouvoir le 23 décembre dernier, suite à l’annonce du décès du Général Lansana Conté, disparu après 24 ans de règne.
Toutefois à Conakry, aucune des nouvelles autorités ne s’est prononcée publiquement sur ces nouveaux engagements annoncés par le secrétaire d’Etat français qui a promis le soutien de son pays à la transition, notamment les moyens financiers destinés à la Commission électorale nationale indépendante (CENI).
Pour Joyandet c’est une action nécessaire « pour ne pas qu’on dise que les élections sont compromises par faute de recensement et de moyens financiers », a-t-il affirmé.
Au lendemain du putsch, la communauté internationale avait réagi vigoureusement, en condamnant le coup d’Etat et en demandant un retour à « l’ordre constitutionnel », menaçant la Guinée de sanctions si les militaires n’obtempéraient pas dans de brefs délais.