Industries extractives : le Ghana réussi le test Itie, des doutes subsistent

« C’est un signal fort envoyé aux investisseurs étrangers qui doivent comprendre que le Ghana est très soucieux de transparence en matière d’industries extractives et qu’ils sont tenus de respecter nos lois s’ils veulent investir dans notre pays », a indiqué M. Ashiadey cité par l’Agence ghanéenne de presse (GNA, officielle) dans une dépêche du jeudi 28 avril 2011.

L’évènement est « significatif », a estimé le responsable ghanéen soulignant que la suspicion qui entoure le secteur des industries extractives va s’estomper au Ghana, deuxième producteur d’or en Afrique et désormais pays producteur de pétrole.

Le Ghana rejoint ainsi le petit groupe des pays déclarés aptes à l’Itie qui sont au nombre total de 11, dont quatre pays ouest africains, le Nigeria (plus grand exportateur de pétrole en Afrique), le Liberia et le Niger.

Cependant, cette annonce est faite alors que des voix s’élèvent à l’intérieur du pays et en dehors pour dénoncer des cas de corruption, dans le tout nouveau secteur pétrolier, dont les activités de commercialisation ont débuté à la mi-décembre 2010.

Dans une récente interview accordée à l’agence de presse Bloomberg (américaine, privée), Kofi Adams, un député du parti au pouvoir et considéré comme un proche de l’ancien président Jerry Rawlings a dénoncé des « cas de corruption » dans le secteur pétrolier.

En outre, le Département d’Etat américain a lui aussi, dans un rapport publié ce mois d’avril 2011, appelé les autorités ghanéennes à lutter plus efficacement contre la corruption, jugée « présente à tous les niveaux » dans le pays.

Mise en place depuis 2003 par une coalition de gouvernements, d’entreprises, d’organisations de la société civile, d’investisseurs et d’organisations internationales, l’Itie a pour objectif déclaré de parvenir « à une meilleure gouvernance dans les pays riches en ressources à travers la vérification et la publication complète des paiements effectués par les entreprises et des revenus perçus par les gouvernements provenant du pétrole, du gaz et des minerais », selon son site internet.

Une fois la candidature d’un pays validée par le Conseil d’administration, celui-ci dispose de deux ans pour être en conformité avec les règles établies par cette initiative dont l’idée revient à l’ex-premier ministre britannique Tony Blair.

Selon des recherches effectuées par Ouestafnews, sur la liste d’une trentaine de pays ayant adhéré à l’Itie au niveau mondial et dont la candidature est acceptée, seul onze ont atteint le point d’achèvement. Parmi les candidats encore à la traîne en Afrique de l’ouest, on compte le Mali, (troisième producteur d’or du continent africain), la Guinée (dotée de grandes ressources minières), le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Togo, la Sierra Léone.

Des pays comme le Sénégal ne figure pas sur la liste des adhérents à l’initiative.