Internet : vous êtes sur skype ? On vous espionne !

« Cela faisait des années que les autorités se plaignent du cryptage et d’autres systèmes mises en place par Skype qui rendent difficile le pistage des trafiquants de drogue, des pédophiles et des terroristes », écrit le quotidien.

Les changements opérés par Skype, qui dispose de 600 millions d’utilisateurs dans le monde, vont permettre aux services de sécurité à travers d’avoir accès à des adresses et numéros de cartes de crédits et aux contenus des chats, entre autres.

Si la mesure a reçu des applaudissements dans les milieux sécuritaires, elle se heurte par contre à l’hostilité de beaucoup d’analystes et des militants de la liberté d’expression, selon le Washington post qui précise que Skype est justement très prisé par les dissidents politiques ou d’autres acteurs qui souhaitent communiquer hors de tout contrôle gouvernemental.

Dans un communiqué cité par le même article, Skype admet l’existence de ce contrôle techniquement faisable, et « requis par les lois ».

« On peut à juste titre s’interroger sur les conséquences qu’une telle collaboration pourra avoir dans beaucoup de pays du continent (africain). Lorsqu’on sait que les garanties judiciaires, tenant notamment à l’indépendance de la justice, ne sont pas toujours offertes, on peut légitimement avoir des raisons d’être inquiets », a affirmé la journaliste et bloggueuse camerounaise Julie Owono dans un échange électronique avec Ouestafnews.

Mme Owono, par ailleurs responsable Afrique d’Internet Sans Frontières (ISF), une ONG qui milite en faveur de la liberté et de la protection de la vie privée sur la toile, « conseille fortement aux activistes, journalistes, leaders d’opinion dissidents en Afrique de ne surtout pas utiliser Skype pour leurs conversations relatives à leur activité ». Surtout que selon elle, des alternatives existent.

Des réactions hostiles à cette décision commencent aussi à se faire entendre sur Twitter, autre plateforme d’échanges prisée par les utilisateurs des médias sociaux et spécialisée dans le microblogging,

« Skype espion du gouvernement américain ? », se demandait ainsi un internaute africain qui s’identifie comme Nyabingi Man sur la plateforme de microblogging.

Dans un pays comme l’Ethiopie, on a récemment rapporté que l’usage de Skype était soumis à un contrôle strict du gouvernement, sous peine de peine de prison.

Fabriqué par des ingénieurs européens il y a neuf ans, le logiciel ainsi que la compagnie Skype ont été rachetés en 2011 par le géant informatique américain Microsoft pour 8,5 milliards de dollars.