L’économie nigériane en tête, mais Jonathan pas en fête

« Je ne peux pas personnellement célébrer cette nouveauté, tant que les Nigérians ne sentiront pas l’impact positif de cette croissance, il y a beaucoup de nos compatriotes qui vivent encore dans la pauvreté » a indiqué le président nigérian, ce lundi 07 avril 2014 sur sa page Facebook.

Le classement en question avait été publié deux jours auparavant et met désormais le Nigeria en tête des économies africaines en termes de produit intérieur brut (PIB).

Pour le président Jonathan il s’agit certes d’une « réussite collective de toute la nation » mais qui ne parvient pas écarter la réalité de la souffrance à laquelle font face la majorité des Nigérians.

D’après le nouveau calcul effectué par le Bureau National des statistiques, le produit intérieur brut du Nigeria en 2013 s’élève désormais à 510 milliards de dollars contre 384 milliards de dollars pour l’Afrique du Sud durant la même année.

En 2012, le PIB du Nigeria s’élevait à 262 milliards de dollars, d’après la Banque mondiale et le taux de pauvreté atteignait 46 % des 170 millions de Nigérians.

«Le Nigéria est devenu la plus grande économie en Afrique en termes de PIB et devient la 26e plus grande économie dans le monde», a souligné la ministre des Finances Ngozi Okonjo-Iweala.

Cette nouvelle méthode de calcul du poids économique a fait ressortir une hausse du PIB par tête au Nigeria qui passe désormais à 2.688 dollars en 2013 contre 1.555 dollars en 2012. Sur ce point, le Nigeria reste loin derrière l’Afrique du Sud qui dispose d’un PIB par habitant de 7500 dollars.

Selon le Bureau Nigérian des Statistiques, le nouveau PIB prend en compte les performances du secteur bancaire, des télécommunications et l’émergence de l’industrie du Cinéma (Nollywood), devenus aujourd’hui des segments importants de l’économie nationale largement dominée par l’exportation de pétrole brut.

Depuis 1990, le Nigeria n’avait pas modifié le calcul de son PIB comme le recommande tous les cinq ans, les institutions financières internationales afin de prendre en compte les évolutions de l’économie.