L’impact de la crise financière sur l’Afrique est « une réalité », selon Donald Kaberuka

« Laissez-moi vous dire que le fait que le continent africain soit affecté par la crise est une réalité », a affirmé le président de l’institution financière panafricaine dans un entretien accordé à Ouestafnews en marge des assemblées annuelles de la BAD qui se tiennent à Dakar du 10 au 14 mai 2009.
L’impact de la crise sur l’Afrique a fait pendant de longs mois l’objet de grands débats, certains experts estimant que l’Afrique étant coupée des grands marchés mondiaux et des grandes places financières internationales, elle ne peut être concernée par une crise essentiellement financière.
« Notre potentiel de croissance de cette année, comparée à l’année dernière a été divisée par deux», a précisé M. Kaberuka, tout en soulignant toutefois « que la situation varie d’un pays à l’autre et d’une région à l’autre ».
Selon des chiffres rendus public par la BAD à l’occasion de ses assemblées annuelles, le taux de croissance pour l’ensemble du continent sera de 2,8 % en 2009 alors que depuis 5 ans, il a toujours été en dessus de 5 %.
Le chiffre de 2,8 % pourrait même être révisé vers le bas (pour se situer aux alentours de 2,3 %, selon des experts de la BAD.
« Les solutions que nous proposons doivent être personnalisées et adaptées aux besoins de chaque pays », a répondu M. Kaberuka à une question sur les réponses que la BAD compte apporter aux Etats africains éprouvés par la crise.
« Là où certains pays ont besoin d’une aide budgétaire d’urgence, d’autres pourraient avoir besoin d’un soutien pour rééquilibrer leur balance des paiements alors qu’une troisième catégorie peuvent se passer de ses deux formes de soutien mais ont de grands projets déjà engagés mais dont les promoteurs se sont retirés, dans de tels cas notre approche doit de faire en sorte que ces projets continuent.»