La BRVM d’Abidjan déconnectée des grandes places financières internationales, mais subit des effets par « ricochet » de la crise

Principale explication : les Ouest Africains, ne « peuvent pas investir à l’étranger » à partir de la BRVM, mais cette limitation est à « sens unique », puisque des investisseurs étrangers peuvent acheter des titres à la BRVM, l’unique place boursière pour les huit pays de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA).
« Les épargnants de la zone (UEMOA) ne peuvent pas investir à l’étranger, les échanges avec les autres marchés restent donc très limités », a affirmé M. Gillet dans un entretien exclusif à Ouestafnews portant sur la crise financière qui secoue actuellement les places boursière aux Etats-Unis, en Europe et en Asie.
« Il n’y a pas d’effets directs » de l’actuelle crise mondiale sur les activités de la BRVM, a expliqué son patron qui souligne toutefois qu’en dépit du manque de « corrélation » entre la place financière d’Abidjan et les grandes bourses mondiales, la crise internationale a des « effets induits » sur la place d’Abidjan.
« Il y a d’abord une sorte de méfiance vis-à-vis de tout ce qui est ‘bourse’, c’est un effet de contagion », explique le directeur de la BRVM pour qui cet effet a un impact négligeable sur la BRVM.
L’autre effet « induit », qui se produit « par ricochet » est que des investisseurs étrangers, frappés par une crise de liquidités sont tentés de se tourner vers leurs titres « porteurs » placés à la bourse d’Abidjan pour trouver ces liquidités qu’il ne peuvent plus obtenir avec leur titres en chute libre sur les autres marchés du monde.
Ceci, combiné à un « ensemble d’autres facteurs » a conduit à une surchauffe sur la place boursière d’Abidjan où certains investisseurs étrangers ont vendu leurs titres les mieux côtés, conduisant ces derniers mois à une hausse de l’activité boursière de 25 à 30 % avec « un pic en juin », selon le patron de la BRVM. Cette période de surchauffe a été suivie d’un certain « tassement » et d’une période de baisse.
« Par rapport à notre plus haut, nous avons perdu 10% » affirme M. Gillet qui admet « une baisse saisonnière plus forte que d’habitude ».
Selon le patron de la BRVM, la déconnection de la place d’Abidjan est réelle, mais elle a un bon côté qui fait que l’institution est épargnée lors de grandes crises comme celles actuellement en cours. Mais à l’opposé la BRVM ne peut bénéficier des effets de boom lorsque ceux-ci se produisent sur les marchés mondiaux.