La CEDEAO suspend la Guinée et réclame une « transition rapide »

La décision a été prise le samedi 10 janvier à l’issue d’un sommet extraordinaire de la CEDEAO convoquée pour se pencher sur la situation de ce pays membre, aujourd’hui dirigé par le Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD).
Le CNDD s’est emparé du pouvoir à la suite du décès le 22 décembre du président Lansana Conté.
« Les Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO (…) ont rejeté toute idée d’une transition militaire en Guinée et décidé la suspension de la participation de cet Etat membre aux réunions de toutes les instances de décision de la Communauté », affirme le communiqué rendu publique à l’issue du sommet.
Avant la CEDEAO, la commission de l’Union africaine avait pris une décision similaire à l’encontre des nouvelles autorités de Conakry.
Ces deux organisations, comme l’ensemble de la communauté internationale, exigent un retour rapide à « l’ordre constitutionnel » alors que le CNDD dirigé par le capitaine Moussa Dadis Camara, avait auparavant annoncé une transition de deux ans.
Le Ministre français chargé de Coopération et de la Francophonie, Alain Joyandet, avait à l’issue d’une visite à Conakry les 3 et 4 janvier 2009 affirmé que les nouvelles autorités lui ont promis d’écourter la durée de la transition, et de la ramener de 2 à 1 an.
En plus des condamnations, la Guinée doit aussi faire face à la suspension de l’aide américaine, les Etats-Unis disant approuver les positions de l’Union Africaine et de la CEDEAO pour ce qui est de la Guinée.
Malgré ces condamnations, le président sénégalais Abdoulaye Wade, a publiquement manifesté son soutien à la installé aux commandes à Conakry, où il s’est d’ailleurs rendu pour une visite de quelques heures le 7 janvier.
Avant lui, le colonel Mouammar El Kadhafi de Lybie avait aussi effectué un séjour en Guinée le 3 janvier et avait rencontré le chef de la junte au pouvoir.