L’Afrique de l’Ouest prochain champ de bataille entre USA et Al- Qaeda ?

L'Afrique de l'Ouest prochain champ de bataille entre USA et Al- Qaeda ?
Actuellement l’Afrique de l’Ouest "fournit 15 % des besoins de l’Amérique en hydrocarbures, soit autant que le volume en provenance d’Arabie Saoudite", affirme Peter Pham directeur du Nelson Institute for International and public Affairs avant de souligner que les projections actuelles tablent sur une montée de la courbe. Ainsi ces volumes devraient représenter 20 % d’ici 5 ans et monter à 25 % d’ici dix ans.
La conclusion qu’il faut en tirer est que cette tendance "représente un plus grand risque que les décideurs ne le pensent", selon Peter Pham qui, pour étayer son analyse, s’appuie sur la position géographique des champs pétroliers ouest africains (la plupart des puits sont sur le littoral ou sont des sites off-shore) et l’incapacité des Etats dans cette sous-région à assurer la surveillance de leurs côtes.
A titre d’exemple, l’expert américain, quelque peu railleur, note que même la superpuissance sous régionale, le Nigeria, compte "plus d’amiraux" dans sa marine que de navires dans sa flotte. Et toujours au Nigeria, les attaques répétées d’un petit mouvement séparatiste (le Mouvement pour l’émancipation du Delta du Niger – MEND, selon le sigle en anglais) a réussi à faire chuter la production pétrolière du géant de l’Afrique de l’Ouest de 500.000 barils par jour.
Le troisième élément sur lequel s’appuie Peter Pham pour évaluer le risque et aboutir à sa conclusion, ce sont les coûts qui résulteraient d’une opération terroriste réussie.
"Si Al-Qaeda peut s’attaquer avec succès contre un navire de la marine américaine, comme il l’a fait avec le USS Cole en 2000, causant quelques 287 milliosn de dollars de dégâts et en n’utilisant qu’une simple vedette remplie d’explosifs, on peut imaginer ce que serait l’attaque d’une plateforme pétrolière ou d’un navire pétrolier opérés par des personnels civils", avance le directeur du Nelson Institute.