Lancement à Dakar d’une initiative pour protéger les lanceurs d’alertes

« L’objectif de la plateforme, est de venir en aide aux lanceurs d’alertes africains, désireux de divulguer des informations au nom de l’intérêt général », a déclaré l’avocat français, William Bourdon, le président de la Plateforme de protection des lanceurs d’alerte en Afrique (PPLAAF).

Selon, Me Bourdon, qui s’exprimait lors d’une conférence de presse, le lancement de la plateforme au Sénégal est le début d’une « grande aventure au service des citoyens africains ».

Dans la même veine, Alioune Tine, le secrétaire général d’Amnesty international en Afrique de l’ouest et du centre, qualifie lui les lanceurs d’alertes de héros des « temps modernes ».

En l’en croire, il est de la responsabilité de la société civile de protéger ces personnes qui, pour la sauvegarde de l’intérêt général, risquent parfois leur vie. Selon l’encyclopédie en ligne Wikipédia, la paternité de la notion de lanceur d’alerte revient au sociologue français, Francis Chateauraynaud.

Tendance mondiale

« Le lanceur d’alerte est toute personne, groupe ou institution qui ayant connaissance d’un danger, un risque ou un scandale, adresse un signal d’alarme et, ce faisant, enclenche un processus de régulation, de controverse ou de mobilisation collective », peut-on lire sur l’encyclopédie en ligne.

Les lanceurs d’alertes ont été ces dernières années à la base de plusieurs scandales révélés ensuite par les médias, dont celui des Panama Papers, grande investigation à l’échelle mondiale à laquelle Ouestaf News a contribué.

Pour sécuriser le rôle important qu’ils jouent désormais, la protection que propose la PPLAAF prend la forme d’une assistance technique, juridique et médiatique.

Revenant sur l’aspect technique, la directrice de la PPLAAF, Khadija Sharif, a souligné que les lanceurs d’alerte auront à leur disposition un système de transmission de données très sécurisé qui s’appuie le logiciel de navigation libre dénommé Tor.

Pour Maitre William Bourdon qui fut l’avocat de célèbres lanceurs d’alertes comme l’Américain réfugié en Russie, Edward Snowden, la plateforme va soutenir des lanceurs d’alertes, qui sont des « alliés de l’humanité ».

« La crédibilité de la plateforme est en jeu (… ) donc nous n’allons pas accepter quelqu’un qui voudra nous manipuler ou favoriser une quelconque affaire politicienne », a-t-il soutenu. A cet effet PPLAAF va insister sur la « qualité » et « l’impartialité » des informations qui feront l’objet d’une vérification rigoureuse.

Capitaliser sur l’exemple nigérian

Au Nigeria, où le président Muhammadu Buhari a fait de la lutte contre la corruption et de la reddition des comptes une priorité, le gouvernement fédéral a promis de rétribuer les lanceurs d’alertes.

A l’issue d’un conseil des ministres en décembre, il annonçait sa décision d’accorder 5% de chaque montant recouvré à tout lanceur d’alerte sérieux dont les informations se révéleraient utiles dans la récupération des fonds publics spoliés. Une récompense financière qui va de pair avec la protection des autorités.

Après le Sénégal, les initiateurs de la plateforme font du Nigeria leur prochaine étape. A cet effet, précise Me Bourdon, des discussions seront engagées avec les parlementaires nigérians.

« La volonté de lutter contre la corruption fait défaut dans beaucoup de pays, et la PPLAAF apporte un mécanisme de protection nécessaire qui va permettre au lanceur d’alerte de mieux contribuer à la préservation de l’intérêt public », a pour sa part déclaré, l’ancien juge espagnol, Balthasar Garzon, administrateur de la plateforme.